Concerts, La Scène, Musique symphonique

Le goût du risque de Jos Van Immerseel

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Bruxelles. Conservatoire Royal. 26-II-2005. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour cor n°3 en mi bémol majeur KV 447 ; Concerto pour violon n°3 en sol majeur KV 216 ; Concerto pour deux pianos n°10 en mi bémol majeur KV 365. Uli Hübner, cor naturel (Joseph Huschauer, fin XVIIIe), Midori Seiler, violon (Anonyme XVIIIe), Yoko Kaneko, pianoforte (Christopher Clark, copie d’un Anton Walter, fin XVIIIe). Anima Eterna, piano et direction : Jos Van Immerseel (Christopher Clark, copie d’un Anton Walter, fin XVIIIe)

Succès public samedi soir au Conservatoire Royal de Bruxelles pour ce concert dans lequel et son orchestre renouaient avec le compositeur qui a consacré leur renommée à la fin des années quatre-vingt, .

Le destinataire du concerto pour cor KV 447 de Mozart, Joseph Leutgeb ou un autre, son identité n’ayant pas pu être déterminée avec certitude jusqu’à présent, devait être un très grand virtuose car le cor naturel est un instrument d’une difficulté extrême, le souffleur n’ayant que ses lèvres et sa main dans le pavillon pour varier le son. Il suffit d’entendre en concert un corniste se battre avec la difficile cadence du premier mouvement pour se rendre compte à quel point cet instrument est risqué. Uli Hübner a donc eu beaucoup de mal à venir à bout de ce mouvement, multipliant les dérapages, les canardages et les intonations les plus douteuses. Fort heureusement, la faillite de ce premier mouvement est due à une faiblesse passagère de Hübner car la suite est d’un bien meilleur tonneau, et le corniste nous gratifie d’une romanza agréablement poétique et assume bien les difficultés du finale.

Dans le concerto pour violon en sol majeur se produisait en soliste la japonaise , qui est parfois premier violon de l’ensemble et plus souvent de l’Akademie für Alte Musik Berlin. Jouant d’un instrument à la sonorité jolie et délicate, mais manquant un peu de puissance, est une violoniste au tempérament poétique, qui allie grâce et délicatesse et dont l’entente avec l’orchestre est parfaite, elle joue d’ailleurs les tutti avec ses pairs violonistes. On lui reprochera seulement quelques accrocs dans le finale, et un léger manque de brio, une certaine retenue qui donnent à l’auditeur l’impression que la violoniste contemple l’œuvre plutôt qu’elle ne la vit.

C’est finalement le dernier concerto présenté, celui pour deux pianos qui se révèle le plus satisfaisant, pris dans un tempo rapide et enjoué, il ne manque ni d’élégance ni de vivacité et permet enfin d’admirer le toucher précis et l’art des nuances de Van Immerseel au pianoforte. Le duo est complété par l’excellente , qui se hisse sans problème au niveau de son partenaire. Tout au long de ce concert, et particulièrement durant ce double concerto pour piano, l’Ensemble Anima Eterna fait preuve d’une vigueur roborative et d’une fraîcheur de timbre savoureuse. Les cordes sont élégantes et précises, les bois sont fruités, et les timbales claquent comme des pistolets d’arçon.

En bis, pour compléter ce concert au minutage un peu chiche, les deux pianistes échangent leurs instruments pour l’andante de la sonate pour deux pianos KV 448, belle conclusion pour un concert qui a démontré le goût du risque de Van Immerseel, tant dans le choix des œuvres (ce couplage n’est pas si fréquent) que dans celui des instruments.

Credit photographique © Dirk Vervaet

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Bruxelles. Conservatoire Royal. 26-II-2005. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour cor n°3 en mi bémol majeur KV 447 ; Concerto pour violon n°3 en sol majeur KV 216 ; Concerto pour deux pianos n°10 en mi bémol majeur KV 365. Uli Hübner, cor naturel (Joseph Huschauer, fin XVIIIe), Midori Seiler, violon (Anonyme XVIIIe), Yoko Kaneko, pianoforte (Christopher Clark, copie d’un Anton Walter, fin XVIIIe). Anima Eterna, piano et direction : Jos Van Immerseel (Christopher Clark, copie d’un Anton Walter, fin XVIIIe)

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