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Faust de Gounod à l’Opéra de Lille

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Lille. Opéra. 20-III-2005. Charles Gounod : (1818-1893) Faust, Opéra en 3 actes, livret de Jules Barbier et Michel Carré. Coproduction du Royal Opera House de Covent Garden, de l’Opéra de Monte-Carlo, de l’Opéra de Trieste et de l’Opéra de Lille. Mise en scène originale : David Mc Vicar. Réalisée par : Lee Blakeley. Décors : Charles Edwards. Costumes : Brigitte Reiffenstuel. Lumières : Paule Constable. Chorégraphie : Michael Keegan-Dolan. Réalisée par : Esther Balfe. Faust : Paul Charles Clarke. Marguerite : Elena Kelessidi. Méphistophélès : Alain Vernhes. Valentin : Jean-Sébastien Bou. Siebel : Isabelle Cals. Dame Marthe : Doris Lamprecht. Wagner : Ronan Nédélec. Chef de chant : Nathalie Steinberg. Ballet constitué par l’Opéra de Lille. Chœur de l’Opéra de Lille. Chef de chœur : Yves Parmentier Orchestre National de Lille/Région Nord Pas-de-Calais. Violon solo : Fernand Iaciu. Direction musicale : Jean-Claude Casadesus.

Le public est venu en nombre ce dimanche au magnifique Opéra de Lille pour cette fastueuse production de Faust qui créée la saison dernière au Royal Opera House de Covent Garden est passée par Monte-Carlo et Trieste avant d’arriver dans la Métropole Nordiste. De la distribution réunie, on se serait volontiers passé du chevrotant , qui serait peut-être un Faust apprécié à l’Opéra de Milwaukee ou à Houston, mais qui, dans un opéra français, n’a strictement rien à faire devant un public francophone. Timbre nasal, peu avare de sanglots véristes, chant raide et compassé, son français est incompréhensible par la faute d’une diction molle et d’un accent calamiteux. Il n’évitera la bronca du public lillois qu’en escamotant ses saluts. L’accent français d’ n’est pas plus idiomatique que celui de Clarke, mais elle fait de louables efforts de diction, qui la rendent compréhensible pour l’auditeur au prix d’un léger effort de concentration. Les qualités vocales de cette Marguerite ne la rendent pas inoubliable, loin s’en faut, car son beau médium et son timbre chaleureux se paient d’une absence assez cruelle de legato. Les aigus sont souvent serrés, le souffle est court, et le chant peu virtuose, et si elle trouve des accents touchants dans l’église au IV, il aura avant cela fallu supporter un Air des Bijoux ahanant et chaotique.

Les failles vocales et interprétatives de ces deux personnages principaux sont gênantes mais heureusement, le reste de la distribution est de très haut niveau. Les petits rôles de Dame Marthe et Wagner sont très bien tenus respectivement par et qui se montrent à la hauteur de leur tâche, tandis qu’Alain Verhnes est un Méphistophélès de grande classe, à la diction mordante et précise, aux graves sonores et à la ligne de chant parfaitement menée. Il semble parfois légèrement fatigué, négociant avec prudence sa Chanson du Veau d’Or, mais à part cette réserve, son interprétation assez distanciée, semblant regarder les déboires de Faust d’un œil amusé mais peut-être aussi attendri, restera dans les anales.

La prestation d’ en Siebel, à la diction et à l’intonation un peu floues est moins mémorable. Le clou de cette distribution restera donc l’extraordinaire Valentin de , dont chaque note révèle la classe vocale, la noblesse du chant et la perfection de la diction. Chanteur puissant et stylé, au timbre riche et coloré, à l’émission bien dans le masque, Bou est également un acteur touchant et engagé qui fait de « O Sainte Médaille » et de la mort de Valentin les moments les plus poignants de la représentation.

Grand triomphateur de la journée également, le chœur de l’Opéra de Lille, préparé par Yves Parmentier, précis, ductile et parfaitement compréhensible. La musique de Gounod avec son mélange de faste un peu pompier et de mélodies brillantes et enlevées convient très bien à l’excellent chef de fosse qu’est . A la tête d’un rutilant, le chef impose une lecture passionnée et vivante de la partition, avec de belles inspirations « Roi de Thulé » ou dans l’acte I, mais qui sombre parfois dans l’emphase et la lourdeur pour les scènes de foule.

Dans les spectaculaires décors réalisés par Charles Edwards, évoquant le siège de Paris, la mise en scène de David Mc Vicar est efficace et bien réglée, évitant les contresens, avec quelques scènes marquantes comme l’apparition de l’image de Marguerite au I ou encore la scène de l’église au IV. Le metteur en scène écossais tombe cependant à plusieurs reprises dans ses tics provocateurs habituels, pour le meilleur avec le ballet de la Nuit de Walpurgis, caustique et glaçant, dans lequel une danseuse enceinte joue le double de Marguerite, ou pour le pire, Faust qui se shoote avant cette même Nuit. Deux remarques encore, la kermesse se déroule dans une fatigante ambiance de saloon à cause des tonitruants et bien inutiles youpees et autres hourras lancés par les choristes, quant à la bicyclette de Siebel, elle est bien anachronique en 1870.

Prochain rendez-vous à l’Opéra de Lille :

Passions Baroques, les 31 mars et 01 avril. Coproduction La Clef des Chants

Le Barbier de Séville, 22, 24, 26 et 28 mai. Production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing.

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Lille. Opéra. 20-III-2005. Charles Gounod : (1818-1893) Faust, Opéra en 3 actes, livret de Jules Barbier et Michel Carré. Coproduction du Royal Opera House de Covent Garden, de l’Opéra de Monte-Carlo, de l’Opéra de Trieste et de l’Opéra de Lille. Mise en scène originale : David Mc Vicar. Réalisée par : Lee Blakeley. Décors : Charles Edwards. Costumes : Brigitte Reiffenstuel. Lumières : Paule Constable. Chorégraphie : Michael Keegan-Dolan. Réalisée par : Esther Balfe. Faust : Paul Charles Clarke. Marguerite : Elena Kelessidi. Méphistophélès : Alain Vernhes. Valentin : Jean-Sébastien Bou. Siebel : Isabelle Cals. Dame Marthe : Doris Lamprecht. Wagner : Ronan Nédélec. Chef de chant : Nathalie Steinberg. Ballet constitué par l’Opéra de Lille. Chœur de l’Opéra de Lille. Chef de chœur : Yves Parmentier Orchestre National de Lille/Région Nord Pas-de-Calais. Violon solo : Fernand Iaciu. Direction musicale : Jean-Claude Casadesus.

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