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Toulouse, Halle aux grains. 24-III-2005. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°2 « Résurrection » en ut mineur. Sally Matthews, soprano ; Karen Cargill, mezzo-soprano. Orfeón Donostiarra (chef de chœur : José Antonio Sáinz Alfaro), Orchestre National du Capitole de Toulousee, direction : Joseph Swensen.

Orchestre National du Capitole

Troisième concert de à Toulouse cette année et, très honnêtement, troisième déception. Après, notamment, une symphonie n°7 de Beethoven bien mollassonne aux tempos routiniers, cette « Résurrection » de Mahler montrait le chef dans un répertoire sans doute plus flatteur, mais n’aboutissait qu’à une demi-réussite. En effet, Swensen peinait à trouver l’atmosphère des deux premiers mouvements, étirés et exsangues, et si l’Urlicht bénéficiait de la belle voix de la mezzo , on n’y trouvait cependant guère d’élévation spirituelle, notamment dans les cuivres bien terriens de l’introduction. Les passages plus exaltés du finale connaissaient un certain impact, en grande partie dû à l’engagement de l’excellent chœur Orfeón Donostiarra.

Mais on retirait de tout cela une impression persistante de manque de vision à long terme, et même l’impression fâcheuse d’un orchestre bridé et parfois livré à lui-même, dans des débordements intempestifs des percussions et une sonorité sans portée des violons. Violoniste réputé, et sans doute fin musicien, pose toujours le même paradoxe : comment un chef peut-il déployer autant d’énergie dans sa battue – scolaire et sèche – pour en transmettre si peu à l’orchestre ? Malheureusement, on ne peut guère en dire plus d’un concert pas foncièrement inintéressant, car les musiciens jouent toujours bien une musique qu’ils aiment visiblement, et qui a connu un certain succès auprès du public toulousain, succès qui tenait sans doute plus à la beauté de la musique de Mahler en elle-même qu’à une quelconque vision personnelle du chef, bien absente.

Rien d’infamant, bien sûr, mais ce n’est pas sur Joseph Swensen qu’il faut compter pour insuffler une véritable culture malherienne à l’Orchestre du Capitole, et sa présence dans la liste des successeurs possibles de Michel Plasson n’apparaît en tout cas pas comme une très bonne idée. Bref, une façon originale de fêter Pâques, mais on doute que le Christ se soit levé de sa tombe pour aller écouter Swensen…

Crédit photographique : © DR

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Toulouse, Halle aux grains. 24-III-2005. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°2 « Résurrection » en ut mineur. Sally Matthews, soprano ; Karen Cargill, mezzo-soprano. Orfeón Donostiarra (chef de chœur : José Antonio Sáinz Alfaro), Orchestre National du Capitole de Toulousee, direction : Joseph Swensen.

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