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Liège. Eglise Saint Denis. 25-III-2005. Johann Sebastian Bach : (1685-1750) Concerto Brandebourgeois n°6 en si bémol majeur, BWV 1051 ; Cantates « Gleichwie der Regen und Schnee von Himmel fällt » BWV 18, « Actus Tragicus » BWV 106, « Nach dir, Herr, verlanget mich » BWV 150. Katharina Fuge, soprano ; Carlos Mena, contre-ténor ; Julian Pregardien, ténor ; Mathias Vieweg, basse. Ricercar Consort (François Fernandez, Sophie Gent, violon et alto ; Rainer Zipperling, violoncelle ; Sofia Diniz, Philippe Pierlot, viole de gambe ; Kees Bœke, Gaëlle Lecoq, flûte à bec ; Josep Borras i Rocca, basson ; David Sinclair, contrebasse ; Francis Jacob, orgue), direction : Philippe Pierlot.

Festival Bach en Vallée Mosane

Beau succès public pour la dernière date du « Festival Bach en Vallée Mosane » qui s’est tenu à Liège et à Spa pendant la semaine Pascale. Le concert s’est déroulé à l’église Saint-Denis, bâtiment magnifique qui abrite le plus vieux clocher de Belgique, mais à l’acoustique assez imprécise et cotonneuse.

Le concerto brandebourgeois n°6 qui ouvre la soirée est joué par le avec simplicité et sagesse, leur Bach est apaisé et serein. Le petit effectif réuni (deux altos, deux violes, un violoncelle et un orgue) permet un dialogue d’une grande lisibilité entre des instrumentistes aux sonorités d’une grande douceur, sans l’aigreur ou l’acidité qu’on peut parfois reprocher aux instruments anciens. Le premier mouvement, fluide et paisible est rythmiquement bien marqué, et après un adagio rêveur et pensif, l’allegro final est marqué par les magnifiques interventions des altistes et Sophie Gent dont les phrasés éloquents et raffinés font merveille.

Les cantates proposées après le concerto brandebourgeois font toutes les trois parties des dix premières composées par Bach, dans les années 1708-1713 alors qu’il était à Weimar. Destinées à un instrumentarium réduit, ces œuvres permettent à et à ses troupes de défendre d’une façon très convaincante les convictions musicologiques, en résumé : une voix par partie pour chanter les chœurs, qu’ils défendent depuis de nombreuses années, et les chanteurs rassemblés pour ce concert, aux voix puissantes et colorées, participent pleinement à la réussite musicale du projet, et on est bien loin des petites voix fades qui accompagnaient les premiers essais d’un Joshua Rifkin dans les années 1980.

La britannique Katharina Fuge, soprano au timbre très instrumental, assez désincarné, à l’émission franche et à la vocalisation précise et virtuose fait de chacune de ses interventions des moments d’une grâce irrésistible, notamment dans le grand récitatif de la BWV 18, où sa voix de cristal rend sa litanie parfaitement céleste. Quel bonheur également, quand on a entendu tant de contre-ténors anglo-saxons ululer leur partie d’une voix blanche et sans saveur, de pouvoir profiter des couleurs de la chaleur de la voix de , et ce qui ne gâte rien dans un allemand très bon. Peu utilisé dans BWV 18, il se montre ensuite souverain dans « Zedern müssen von den Winden », grâce à un très inspiré à la viole, et son chant sobre, intérieur et recueilli est très bienvenu dans « Ach Herr, lehre uns bedenken ». L’interprétation vocale la moins aboutie est celle du jeune ténor Julian Pregardien, dont la voix claire et légère a de belles qualités dans l’aigu, mais qui manque de projection et dont les vocalises sont parfois laborieuses. La basse Mathias Vieweg n’encourt quant à lui aucun reproche, si ce n’est un léger manque d’amplitude dans le grave, pour le reste, l’autorité et la conviction qu’il donne à son chant, l’agilité de sa voix, son médium riche et coloré, sa facilité dans le registre aigu, tout cela concourt à donner à sa prestation les accents de la perfection.

Lors des ensembles, les voix des différents chanteurs se marient très bien entre elles, soutenues avec tact par un très attentif. L’option du « un par partie » permet d’entendre très distinctement la polyphonie très étudiée de ces œuvres, et donne la possibilité aux musiciens de varier leurs phrasés d’une manière plus subtile que dans une interprétation à effectif plus étoffé.

Le Ricercar Consort a enregistré les trois cantates données ce soir, avec une distribution légèrement différente, Jan Kokow et Stephen McLeod tenant respectivement les parties de ténor et de basse. Ce disque paraîtra chez Mirare dans les jours qui viennent.

Crédit photographique : © DR

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Liège. Eglise Saint Denis. 25-III-2005. Johann Sebastian Bach : (1685-1750) Concerto Brandebourgeois n°6 en si bémol majeur, BWV 1051 ; Cantates « Gleichwie der Regen und Schnee von Himmel fällt » BWV 18, « Actus Tragicus » BWV 106, « Nach dir, Herr, verlanget mich » BWV 150. Katharina Fuge, soprano ; Carlos Mena, contre-ténor ; Julian Pregardien, ténor ; Mathias Vieweg, basse. Ricercar Consort (François Fernandez, Sophie Gent, violon et alto ; Rainer Zipperling, violoncelle ; Sofia Diniz, Philippe Pierlot, viole de gambe ; Kees Bœke, Gaëlle Lecoq, flûte à bec ; Josep Borras i Rocca, basson ; David Sinclair, contrebasse ; Francis Jacob, orgue), direction : Philippe Pierlot.

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