La Scène, Opéra, Opéras

Double réussite

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Lille. Opéra. 22-IV-2005. Gioachino Antonio Rossini (1792-1868) : Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini. Mise en scène : Christian Schiaretti et Arnaud Décarsin ; scénographie : Renaud de Fontainieu ; costumes : Annika Nilsson ; lumières : Julia Grand ; maquillages : Nathalie Charbaut. Avec : Hjördis Thébault, Rosine ; Simon Edwards, Almaviva ; Philippe Georges, Don Bartolo ; Pierre Yves Pruvot, Figaro ; Renaud Delaigue, Basilio ; Anna Steiger, Berta ; Patrick Alliotte-Roux, Ambrogio ; Philippe Rabier, Fiorello. La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, direction : Jean Claude Malgoire.

Le Barbier de Séville

Deuxième manche de la confrontation Paisiello-Rossini par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, qui se déplaçait en voisin à l’Opéra de Lille. Reprenant le même décor et une distribution presque identique aux représentations du Paisiello de février (lire notre chronique), cette production a beaucoup gagné au changement de lieu, les intentions théâtrales sont plus claires, le jeu d’acteur plus fluide, et l’utilisation du décor, toujours la même grande cage transparente, est plus astucieuse. A noter également quelques très beaux jeux de lumière, en particulier dans le finale du premier acte.

La distribution est dominée par le Figaro tout en rondeur de , timbre toujours aussi prenant, diction mordante et voix agile, qui par rapport à son barbier Paisiellien du mois de février a retrouvé des aigus éclatants, mais surtout une aisance vocale et une projection phénoménales. Pour l’avoir entendu lors de chacune de ses prestations nordistes de la saison, nous pouvons dire qu’il semble avoir passé un cap, celui de la maturité vocale. L’Almaviva de Simon Edwards n’est pas en reste, timbre gracieux, aigus lumineux, émission très franche, il vocalise avec classe et son italien est très correct, seuls regrets : un vibrato parfois mal contrôlé et le fait qu’il ne s’attaque pas au « Cessa di piu resistere ». Il était initialement prévu que chante Berta, mais il aurait été dommage de se priver de sa magnifique Rosine, à laquelle elle apporte toutes les ressources de son magnifique timbre corsé, et toute la souplesse de ses vocalises. Un bémol toutefois : quelques aigus criés, et une projection parfois un peu confidentielle. Philippe Georges est un Bartolo toujours aussi bien chantant, et beaucoup plus sonore qu’à Tourcoing, il passe maintenant la barrière de l’orchestre sans souci, et compose un personnage de barbon très convaincant.

Avec ses graves impressionnants et son timbre noir charbon, est un Basilio peu commun, menaçant et cauteleux, et il fait de son air de la calomnie plus qu’un « tube » archi-connu que tout le monde attend, mais un vrai moment dramatique. Philippe Rabier et Patrick Alliotte-Roux sont deux comprimarii impeccables, et finalement, la seule à nous décevoir est la Berta d’Anna Steiger, aux aigus approximatifs, à la vocalisation chaotique et au timbre aigre et éraillé. Heureusement, son rôle est court, mais elle prend quand même le temps de massacrer allègrement son air en chantant comme une caricature de soubrette.

Dans la fosse, , dès l’ouverture menée tambour battant, dirige un Rossini éruptif et nerveux, avec des crescendo très bien menés et des ensembles soignés et parfaitement mis en place. Dommage que l’orchestre, plein d’énergie et d’entrain, commette autant de fautes, avec des vents aux intonations souvent douteuses et des cordes au jeu d’ensemble très perfectible et à la sonorité assez vilaine.

Bilan de cette production : une double réussite, à la fois pour l’Atelier Lyrique de Tourcoing qui réussit un spectacle de grande qualité, égalant le très bel Orfeo du début de saison, mais aussi pour l’Opéra de Lille qui arrive au terme de sa saison en beauté après notamment un beau Tamerlano et un Faust très honorable.

Prochainement à l’Opéra de Lille : « Femmes perdues et épouses vertueuses », récital de Felicity Lott, accompagnée par Graham Johnson. Jeudi 16 juin, 20h. www.opera-lille.fr

Crédit photographique : © Danièle Pierre

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Lille. Opéra. 22-IV-2005. Gioachino Antonio Rossini (1792-1868) : Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini. Mise en scène : Christian Schiaretti et Arnaud Décarsin ; scénographie : Renaud de Fontainieu ; costumes : Annika Nilsson ; lumières : Julia Grand ; maquillages : Nathalie Charbaut. Avec : Hjördis Thébault, Rosine ; Simon Edwards, Almaviva ; Philippe Georges, Don Bartolo ; Pierre Yves Pruvot, Figaro ; Renaud Delaigue, Basilio ; Anna Steiger, Berta ; Patrick Alliotte-Roux, Ambrogio ; Philippe Rabier, Fiorello. La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, direction : Jean Claude Malgoire.

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