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Paris. Maison de la Radio, salle Olivier Messiaen. 03-VI-2005. Franz Schmidt (1874-1939) : Symphonie no 4 en ut majeur. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violon et orchestre no 1 en la mineur opus 77. Violon : Tedi Papavrami. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Armin Jordan.

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Marquée par la naissance d’Arnold Schœnberg, l’année 1874 aura préfiguré l’avènement du sérialisme et du dodécaphonisme, et parallèlement vu le jour de , qui fut un fervent gardien d’une tradition classique apprise chez Brahms et chez Bruckner. Deux mouvements antithétiques semblaient ainsi prendre leur source la même année, le moderne épousant le conservateur.

L’art de Schmidt est représentatif de ce romantisme s’évertuant à repousser l’heure de son crépuscule et osant prendre place à côté des nouvelles esthétiques du début de siècle. Faire valoir son droit à la tradition, n’était-ce pas là une noble cause, si on la sait desservie par des œuvres s’affranchissant paradoxalement de leur héritage pour affirmer leur singularité? La symphonie n°4 du compositeur autrichien reprend donc le flambeau d’un art « classique » sans pour autant se perdre dans l’ornière de la redite. L’audace formelle est à saluer : construite d’un seul tenant, l’œuvre constitue dans son intégralité une grande forme sonate, divisée en quatre mouvements évoquant les sempiternelles indications agogiques AllegroAdagioScherzoAllegro ou final. On a ainsi un premier mouvement qui fait office d’exposition et deux développements centraux (mouvement lent et Scherzo) qui précèdent une quatrième partie qui n’est que la réexposition conclusive. Familier du Philharmonique de Radio France, a homogénéisé l’ossature architecturale de la pièce et contribué à aérer ses longues logorrhées. Tirant profit de l’énergie sous-jacente et de la présence communicative du maestro suisse, l’orchestre fut remarquable d’enthousiasme et d’investissement. Des nombreux solos de la partition, on préfèrera néanmoins ceux de violon et de violoncelle aux cuivres plus approximatifs.

Si un orchestre de cent exécutants peut se vanter d’investir la totalité de l’espace sonore de la salle Olivier Messiaen, il est tout autrement pour les formations plus minimalistes. Combien frustrante fut l’audition du concerto en la mineur de Chostakovitch! Se perdant dans les abîmes de la salle, la sonorité charnelle du soliste ne nous parvenait que sous forme d’échos. Les bribes d’une élocution habitée suffirent cependant à juger de l’excellence de . Réceptive et alerte, la gestuelle souple d’Armin Jordan aura dicté un accompagnement intelligemment compatissant face à l’acoustique cœrcitive de la salle. Il serait vain de vilipender la salle Olivier Messiaen, de bafouer ou maudire ses architectes, mais il est déplorable de voir des interprétations gâchées par la médiocrité de son acoustique. Surtout que l’on n’entend que trop rarement le violoniste albanais sur les scènes françaises.

Talent polymorphe, Tedi Papavrami conjugue avec virtuosité son rôle de traducteur officiel au service de l’écrivain Ismaïl Kadaré, sa carrière d’interprète, et une passion pour l’art de la transcription, dont il nous offrait un échantillon en guise de bis. Une sonate de Scarlatti métamorphosée, subtilement virtuose.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Maison de la Radio, salle Olivier Messiaen. 03-VI-2005. Franz Schmidt (1874-1939) : Symphonie no 4 en ut majeur. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violon et orchestre no 1 en la mineur opus 77. Violon : Tedi Papavrami. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Armin Jordan.

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