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Orfeo ed Euridice revu par Harry Kupfer

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Christoph Willibald Gluck (1865-1936) : Orfeo ed Euridice. Livret de Pierre-Louis Moline d’après Raniero de Calzabigi. Mise en scène : Harry Kupfer ; décors : Hans Schavernoch ; costumes : Eleanore Kleiber ; lumières : Willibald Kammer. Avec : Jochen Kowalski, Orfeo ; Gilian Webster, Euridice ; Jeremy Budd, Amor. The Royal Opera Chorus, The Orchestra of the Royal Opera House, direction : Hartmut Haenchen. Réalisation : Hans Hulscher. Enregistré en 1991 à Covent Garden. Menu en français, anglais, allemand, espagnol. DVD Arthaus Musik 100 417. Toutes zones. Durée : 83 minutes

 

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, qui s’était notamment distingué par un Vaisseau Fantôme d’anthologie pour Bayreuth dans les années 80, a signé en 1991 une mise en scène assez déconcertante du plus couru des opéras de Gluck. Le maître d’œuvre a imaginé pour Orfeo un musicien qui se promène dans la vie avec sa guitare sous le bras, sorte d’idéaliste vaguement chevelu qui compose des rengaines. Vêtu d’une veste en cuir et d’une paire de jean, ledit artiste apparaît sous les dehors d’un jeune homme simple, amoureux de son Euridice à qui il conte fleurette sur un banc. Survient ensuite l’accident de la route qui fauchera la belle pour la plonger dans les éthers élyséens où Orfeo ira la rechercher.

Ce contexte prosaïquement placé, l’action se déroule sans grands rebondissements. Le chœur n’est aucunement exploité scéniquement puisque celui-ci entonne les passages qui lui sont dévolus depuis des gradins disposés sur la droite de la fosse, comme si l’œuvre était pour lui un oratorio. Orfeo reçoit les consignes d’Amour, un jeune enfant symbolisant la pureté du sentiment que le jeune homme se doit d’éprouver s’il veut extirper sa bien-aimée du dédale mortifère qui la retient prisonnière. Du point de vue de la réalisation filmée, il n’est pas aisé de suivre les pérégrinations d’Orfeo au cœur du domaine élyséen, somme toute peu caractérisé. Sur le plan de la mise en scène, quelques partis pris paraissent en outre un peu poussifs et sans grand sens. Pourquoi ces dédoublements de personnages? Pourquoi Orfeo échangerait-il avec un alter ego muet sa guitare sèche contre une autre, rouge et électrique. Et pourquoi troquer son blouson contre la queue de pie d’un chef d’orchestre? Que de simagrées aux symboliques peu claires !

Fort heureusement, Kowalski est un Orfeo puissant, doté d’une voix souple avec un liant merveilleux. Tout en rondeur, le chanteur exploite sa voix pour en tirer panache, expression et sensibilité. Jeremy Budd est un treble pleinement convaincant dans son rôle d’Amor qu’il déploie avec beaucoup d’assurance et une présence d’acteur déjà bien affirmée. Euridice plait vocalement et émeut scéniquement. Conduit par un orchestre fournit, riche et coloré, à l’instar du chœur, cet Orfeo et Euridice est surtout à mettre entre les mains des mélomanes.

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Christoph Willibald Gluck (1865-1936) : Orfeo ed Euridice. Livret de Pierre-Louis Moline d’après Raniero de Calzabigi. Mise en scène : Harry Kupfer ; décors : Hans Schavernoch ; costumes : Eleanore Kleiber ; lumières : Willibald Kammer. Avec : Jochen Kowalski, Orfeo ; Gilian Webster, Euridice ; Jeremy Budd, Amor. The Royal Opera Chorus, The Orchestra of the Royal Opera House, direction : Hartmut Haenchen. Réalisation : Hans Hulscher. Enregistré en 1991 à Covent Garden. Menu en français, anglais, allemand, espagnol. DVD Arthaus Musik 100 417. Toutes zones. Durée : 83 minutes

 
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