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Sonates de Beethoven par Williencourt et Naoumoff, inoubliable voyage

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale des sonates pour violoncelle et piano. Violoncelle : Dominique de Williencourt ; piano : Emile Naoumoff. 2 CD EA Records. Réf. : 0406/1/2. Enregistré en l’Abbaye de La Prée, France, en mai 2004. DDD. Notice quadrilingue (français, anglais, allemand, japonais). Durée : 53’35 et 59’59

 

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Il serait tentant et passionnant de réaliser une discographie critique exhaustive des sonates pour piano et violoncelle de Beethoven. Vaste entreprise que nous oublierons pour signaler le plaisir ressenti à l’écoute de l’intégrale enregistrée en mai 2004 par et Emile Naoumoff en l’Abbaye de la Prée. S’il est presque utopique d’envisager de bouleverser une fabuleuse discographie, sillonnée de pivots incontournables, on peut être néanmoins assuré de déguster avec gourmandise et délectation une interprétation solide et homogène, toute de musicalité et de sensibilité.

Comme à chaque nouvelle écoute chronologique des cinq sonates, on revit avec passion et émerveillement une inexorable et miraculeuse progression de l’excellence vers le sublime. Moins célèbres que de nombreux autres opus du maître allemand, les sonates pour piano et violoncelle sont de véritables bijoux, des mines d’inventions mélodiques avec d’innombrables avancées harmoniques, de multiples trouvailles au niveau des combinaisons infinies reliant les deux instruments. Avec Beethoven, le violoncelle, jusque-là cantonné au rôle d’instrument de continuo, gagne ses lettres de noblesse et s’affranchit en même temps qu’il participe à la prise de distance du compositeur d’avec la forme sonate stricte. Dans la Sonate n° 1 en fa majeur (op. 5 n° 1, 1796), l’option virtuose et presque symphonique s’impose comme le prouve l’écoute de l’adagio sostenuto – allegro initial. Les deux musiciens le soulignent à propos, tout comme ils signent le caractère lyrique de l’adagio sostenuto ed espressivo, premier mouvement de la Sonate n° 2 en sol majeur (op. 5 n° 2).

Complices, ils accompagnent la marche vers la maturité et la liberté expressive que constitue la radieuse Sonate en la majeur de l’opus 69 (1807-1809), contemporaine des sublimes symphonies n°4 à 6. Les deux sonates de l’opus 102, de 1815, portent aux nues un genre à présent parfaitement discipliné par le maître de Bonn dont Williencourt et Naoumoff recréent avec authenticité et talent la fabuleuse genèse. L’allegro final de la dernière Sonate en ré majeur préfigure, on le sait, la sublime fugue de l’opus 106 (Sonate n° 29 pour piano), de 1818. Une époustouflante odyssée entraînant l’auditeur dans un voyage inoubliable.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale des sonates pour violoncelle et piano. Violoncelle : Dominique de Williencourt ; piano : Emile Naoumoff. 2 CD EA Records. Réf. : 0406/1/2. Enregistré en l’Abbaye de La Prée, France, en mai 2004. DDD. Notice quadrilingue (français, anglais, allemand, japonais). Durée : 53’35 et 59’59

 
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