Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Jean-Philippe Collard, le secret du chant profond

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Prades, Abbaye de Saint Michel de Cuxa. 28-VII-2005. Frédéric Chopin (1810-1849) : ballade n°3 en la bémol majeur opus 47 ; nocturne n°1 en ut mineur opus 48 ; scherzo n°3 en ut dièse mineur opus 39 ; nocturne en ut dièse mineur opus posthume ; ballade n°4 en fa mineur opus 52 ; Franz Liszt (1811-1886) : Sonate en si mineur. Piano : Jean-Philippe Collard.

Festival Pablo Casals du 26 VII au 14 VIII

Pour son deuxième concert à l’Abbaye, le festival Pablo Casals recevait le pianiste qui proposait un programme très attrayant et non moins exigeant associant les deux grands maîtres du piano romantique, Chopin et Liszt. Chose tout à fait remarquable dans cette abbaye, le piano y sonne aussi bien que les cordes avec une réverbération idéale et un rien magique. On pouvait cependant s’interroger sur le mal-être du pianiste débutant la Ballade n°3 dans une agitation et une souffrance très évidentes dont pâtit sensiblement l’interprétation : chaleur, transpiration, grimaces en tous genres…Cette fièvre très communicative n’était, en fait, que le chemin de la transe qui lui fit atteindre l’état de grâce dans le Nocturne opus posthume et la Ballade n°4 de Chopin. Totalement habité par la musique, en phase avec son instrument et son public, nous livre alors, avec une générosité et une flamme ardente, les richesses de cette écriture pleinement maîtrisée et nous embarque littéralement dans son univers sonore. Tel est le cheminement, risqué, de ce grand artiste qui donne sans compter, avec la fièvre et le panache, l’émotion et la fragilité de ce qu’il a à dire.

La deuxième partie du concert était totalement consacrée à la Sonate en Si mineur de Franz Liszt que Jean-Philippe Collard aborde tout à fait sereinement, menant son discours avec la fermeté qu’exige cette ample et belle construction formelle d’un seul tenant jusqu’à la fugue de la dernière partie. Aucune fragilité ici mais au contraire le regard lucide d’une âme fière et l’assurance d’un discours volontaire qui avance sans faillir jusqu’à la fin : Autre personnalité du génie romantique que Jean-Philippe Collard campe dans toute sa vérité. C’est sous le charme d’une sonorité en demi-teinte que le pianiste pris congé du public avec les deux Nocturnes de Chopin qu’il offrit en bis.

Crédits photographiques : © Stéphane de Bourgies

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Prades, Abbaye de Saint Michel de Cuxa. 28-VII-2005. Frédéric Chopin (1810-1849) : ballade n°3 en la bémol majeur opus 47 ; nocturne n°1 en ut mineur opus 48 ; scherzo n°3 en ut dièse mineur opus 39 ; nocturne en ut dièse mineur opus posthume ; ballade n°4 en fa mineur opus 52 ; Franz Liszt (1811-1886) : Sonate en si mineur. Piano : Jean-Philippe Collard.

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