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Walcourt, Basilique Saint-Materne. 24-VII-2005. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Concerto grosso n°1 en fa mineur ; sonate n°9 pour flûte à bec alto, cordes et basse continue en la mineur ; Sinfonia de la sérénade « Venere e Amore » ; Cantate « Imagini d’orrore ». Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Cantate « Spande ancor a mio dispetto ». Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto pour flûte à bec en do mineur. Shadi Torbey, basse ; Ensemble baroque Illico Presto (violon : Catherine Meeus, Laurent Hulsbosch, alto : Bénédicte Verbeek, violoncelle : Emmanuel Tondu, contrebasse : Benoît Vanden Bemden, flûte à bec : Laura Pok, clavecin : Jacques Willemijns)

Festival de l’Eté Mosan

Le Festival de l’Eté mosan, c’est d’abord un événement musical de qualité, mais c’est aussi l’occasion pour le mélomane curieux de visiter quelques uns des plus beaux joyaux du patrimoine architectural et touristique de la Wallonie. Pour ce deuxième concert de sa déjà 29e édition, le festival proposait un programme de musique baroque dans la très belle basilique Saint Materne de Walcourt (province de Namur), dont l’abbé Pivetta, dans un petit discours préliminaire, énumère les richesses à découvrir, parmi lesquelles le plus spectaculaire est sans doute le célèbre jubé de Charles Quint. Le concert commence par un concerto grosso d’, joué dans un style coulé et souple, mais aussi avec allant et vigueur par le jeune ensemble Illico Presto. Les sonorités des violons sont parfois ingrates, et leur intonation pas toujours d’une pureté irréprochable, mais l’enthousiasme de la jeunesse et le soutien dynamique et enjoué de la basse continue emportent l’adhésion.

C’est ensuite au tour de la basse belgo-libanaise d’entrer en scène. Ce jeune chanteur a été révélé au public belge par sa superbe troisième place obtenue au Concours Musical Reine Elisabeth, version chant en 2004. Rompu aux répertoires classique et baroque, c’est le plus bel espoir du chant belge pour Haendel, Mozart, Rossini, … Ses qualités sont nombreuses : timbre mœlleux, riche et corsé, tessiture étendue, graves sonores, aigus éclatants, voix souple, vocalisation facile, … tout ce qu’on peut attendre d’une basse belcantiste de haut niveau. A ces dons vocaux, il ajoute une très bonne diction, mordante et précise, ainsi que d’excellentes qualités interprétatives qui lui permettent de caractériser les airs qu’il chante avec beaucoup de finesse. Il réussit une magnifique cantate « Spande ancor a mio dispetto » de Haendel, au récitatif magnifiquement projeté, dans lequel ses talents de diseur trouvent un beau terrain d’expression. Des arias qui encadrent ce récitatif, la première est sombre et puissamment expressive (on y décèle cependant un léger manque de grave), la seconde est séduisante, révélant toutes les richesses de son timbre et la souplesse de ses vocalises. La flûte à bec est à l’honneur pour la suite de ce concert avec un concerto de Vivaldi et une sonate de Scarlatti. Laura Pok s’y montre très à son avantage, grâce à sa belle sonorité, douce et subtile, sans stridence, et grâce à son impressionnante agilité digitale, qui lui permet de dominer presque parfaitement un concerto de Vivaldi qui demande une virtuosité sans faille.

Retour de ensuite pour sa seconde cantate, de Scarlatti cette fois, la sombre «Imagini d’orrore » aux paroles tourmentées :

Mon esprit s’invente toujours d’abominables images.

Et cependant avec constance, oppressé par la douleur, je souffre et j’espère.

Il chante ces paroles douloureuses avec ferveur et éloquence, et ne sacrifie jamais la qualité vocale à l’interprétation, se gardant de tout effet douteux. De plus, cette cantate convient particulièrement bien à sa tessiture, et les quelques réserves sur son grave un peu instable ne sont plus de mise. Un vrai grand moment de beau chant.

Le Festival de l’Eté mosan se poursuit jusqu’au 23 septembre,

Le programme est à consulter sur http://www.etemosan.be/programme.htm

Infos sur la Basilique de Walcourt : http://www.ndwalcourt.be

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Walcourt, Basilique Saint-Materne. 24-VII-2005. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Concerto grosso n°1 en fa mineur ; sonate n°9 pour flûte à bec alto, cordes et basse continue en la mineur ; Sinfonia de la sérénade « Venere e Amore » ; Cantate « Imagini d’orrore ». Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Cantate « Spande ancor a mio dispetto ». Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto pour flûte à bec en do mineur. Shadi Torbey, basse ; Ensemble baroque Illico Presto (violon : Catherine Meeus, Laurent Hulsbosch, alto : Bénédicte Verbeek, violoncelle : Emmanuel Tondu, contrebasse : Benoît Vanden Bemden, flûte à bec : Laura Pok, clavecin : Jacques Willemijns)

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