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Enghien, Château. 20-VIII-2005. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio à cordes en do mineur, Op. 9 n° 3 ; Robert Schumann (1810-1856) : Märchenbilder pour alto et piano, Op. 113 ; César Franck (1822-1890) : Quintette pour piano et cordes en fa mineur. Avec Marco Rizzi, Sophia Jaffé (Franck)  : violon, Matthias Buchholz : alto, François Guye (Beethoven), Jerœn Reuling (Franck)  : violoncelle, Dana Protopescu (Schumann), Olivier Roberti (Franck) : piano.

Rencontres Musicales Internationales d’Enghien

Les Rencontres Musicales Internationales d’Enghien permettent aux mélomanes de la région, en plus d’assister aux master classes ouvertes au public durant quatorze jours, d’entendre des concerts de musique de chambre joués par les professeurs, les étudiants ainsi que par quelques jeunes instrumentistes déjà lancés dans la carrière. Cette 13e édition du festival propose des master classes de chant, violon, violoncelle, alto, piano et musique de chambre, avec des professeurs tels que Mitusko Shirai, , Marco Rizzi, Mathias Buchholz, …

Les anciennes écuries du château accueillent le concert d’ouverture du Festival, qui débute par le dernier trio à cordes de Beethoven. Le trio à cordes est un genre hybride entre le quatuor à cordes et le trio avec piano. Il n’a pas connu beaucoup de succès chez les compositeurs, mais dans une production clairsemée, on croise tout de même quelques joyaux : le KV 563 de Mozart, dédié à son ami et frère maçon Puchberg, où le chef d’œuvre est dissimulé derrière l’appellation anodine de divertimento, et les cinq trios de jeunesse de Beethoven (l’opus 3 et les trois de l’opus 9, plus la sérénade opus 8 destinée à la même nomenclature instrumentale).

Le trio réuni pour l’occasion est composé de Marco Rizzi, Mathias Buchholz et François Guye, qui donnent une interprétation anguleuse et austère de l’opus beethovenien, avec un adagio assez confus et très froid, l’indication con espressione semblant avoir été oubliée. Le scherzo est le mouvement le plus enthousiasmant, énergique et vif, au rythme dansant et souple, il rachète deux mouvements extrêmes rugueux et peu séduisants, mais d’une belle hauteur de vue. Marco Rizzi au violon est pour beaucoup dans cette déception : de sonorité brillante mais un peu agressive, il semble chercher à dominer ses partenaires plus qu’à vraiment dialoguer avec eux, et commet assez bien de fautes techniques.

Après ce trio qui laisse une impression mitigée, on retrouve Mathias Buchholz, accompagné de Dana Protopescu au piano dans de fascinantes Märchenbilder (images de contes de fées) de Schumann. Cette musique étrange, presque inquiétante semble écrite pour l’altiste allemand qui en donne une version d’une grande pureté, dans le troisième mouvement, dont il rend parfaitement le climat fantastique, et surtout dans le dernier, véritable berceuse sous son archet d’une douceur qui va droit au cœur.

Le quintette de est une œuvre ambitieuse, aux proportions quasiment symphoniques, au climat orageux et sévère, dont la méthode de composition cyclique est typiquement Franckiste, et dont certains passages semblent anticiper la célèbre Symphonie en ré.

Pour ce quintette, Marco Rizzi reprend sa place de premier violon et Mathias Buchholz celle d’alto. La partie de violoncelle est jouée par Jerœn Leuting, celle de piano par un des fondateurs du festival, Olivier Roberti, et grand luxe, la place de second violon est occupée par l’allemande Sophia Jaffé, qui a pris il y a quelques semaines la troisième place du Reine Elisabeth. Ils donnent de cette œuvre une interprétation très impressionnante, grave et sérieuse, dure parfois, et d’un lyrisme sobre mais intense. On en retiendra en particulier la dernière partie du mouvement initial, piu presto, enlevée avec beaucoup de puissance et de brio, et qui vient mourir comme un dernier souffle dans un pianissimo tout à fait magnifique. Marco Rizzi a réglé ses petits problèmes techniques, son dialogue avec les autres cordes, chaleureuse et précises, est exemplaire, et le piano d’Olivier Roberti n’est pas un accompagnateur, mais un inspirateur éruptif et vigoureux.

Le bilan de ce concert d’ouverture est donc très positif, avec trois œuvres assez peu courantes, dont deux ont été jouées à un niveau incontestablement très élevé.

D’autres concerts sont programmés, ainsi que des master-classes tous les jours jusqu’au 30 août.

Tous les renseignements sont sur http://www.musicalenghien.com/

Crédit photographique : © DR

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Enghien, Château. 20-VIII-2005. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio à cordes en do mineur, Op. 9 n° 3 ; Robert Schumann (1810-1856) : Märchenbilder pour alto et piano, Op. 113 ; César Franck (1822-1890) : Quintette pour piano et cordes en fa mineur. Avec Marco Rizzi, Sophia Jaffé (Franck)  : violon, Matthias Buchholz : alto, François Guye (Beethoven), Jerœn Reuling (Franck)  : violoncelle, Dana Protopescu (Schumann), Olivier Roberti (Franck) : piano.

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