Nora Gubisch chante Wagner, Liszt et Brahms …

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Sceaux. Orangerie de Sceaux, 21-VIII-05 à 17h30 : Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonk-Lieder, Franz Liszt (1811-1886) : Paraphrase sur « la mort d’Isolde » de Richard Wagner pour piano, Freudvoll und leidvoll, Es muss ein Wunderbares sein, Die drei Zigeuner ; Johannes Brahms (1833-1897) : Dein blaues Auge op. 59, Gang zum Liebsten op. 14, Immer leiser wird mein Schlummer op. 105, Der Jäger op. 95, Liebestreu op. 3, Die Mainacht op. 43, Meine Liebe ist grün op. 63, Nachtgall op. 97, Nicht mehr zu dir zu gehen op. 32. Nora Gubish, mezzo-soprano ; Alain Altinoglu, piano.

Festival de l’Orangerie de Sceaux

Une fois encore, aura fait sensation et ému son public avec sa voix sensuelle et chaleureuse. Accompagnée par le pianiste et chef d’orchestre – son complice et ami depuis maintenant plusieurs années – la mezzo-soprano nous a offert un récital riche en émotions, dû en particulier au choix d’un programme très romantique comprenant Wagner, Liszt et Brahms. Admise au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en chant, elle obtient à l’âge de vingt-quatre ans un Premier Prix dans la classe de Christiane Eda-Pierre. Vera Rozsa deviendra son professeur. Quant à son partenaire, il étudie au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et reçoit deux premiers prix à l’unanimité dans les classes d’accompagnement vocal et au piano. Il est ensuite nommé assistant des classes de chant puis, en septembre 2000, professeur de la classe d’ensemble vocal.

Les Wesendonk-lieder de Wagner constituent le seul recueil de mélodies que Wagner composa dans sa maturité. Sur des poèmes de Mathilde Wesendonk, alors maîtresse du compositeur en 1857, ces cinq lieder s’apparentent directement à son Tristan, même esprit et ligne mélodique, harmonisation semblable. fait vivre sa musique et nous transmet toutes ses émotions, sa voix troublante et pulpeuse bouleverse le spectateur comblé. s’illustre ensuite en soliste dans la paraphrase de « la mort d’Iseult » de Franz Liszt. Bien que cette partition pour piano n’atteigne pas les sommets de la version orchestrale, le pianiste a su lui donner une très grande dimension. Sa virtuosité et son touché très délicat ont apporté un grand souffle émotionnel à cette page ô combien transcendante. Trois lieder composés par Franz Liszt sur des poèmes de Gœthe, Redwitz et Lenau venaient en complément du programme. Le compositeur, qui portait un intérêt croissant au genre du Lied durant les années 1845 à 1860, y travailla beaucoup bien que sa production dans ce domaine ne lui valut pas sa plus grande renommée. Ces lieder se distinguent par une harmonie très novatrice pour l’époque et une ligne mélodique très libre. Les subtilités enharmoniques créent des difficultés d’interprétation pour la chanteuse qui doit alors jouer de sa gorge et du larynx pour créer d’infimes différences de hauteurs, chose que Nora Gubisch réalise à la perfection et laisse son auditoire en très grande admiration. L’accompagnement d’Alain Altinoglu est d’une grande qualité, riche en sonorités, lyrique et subtil, déployant une palette de couleurs très impressionnante. Brahms composa, quant à lui, 285 lieder, romances ou chants pour piano. Extraits de différents recueils de lieder, les textes sont d’inspirations très diverses : Gœthe, Reinick, Rousseau, Eichendorff, Uhland… La mezzo-soprano fait encore une fois vivre pleinement le texte, sachant trouver les accents précis, les émotions les plus justes, tout ceci par un dialogue parfaitement équilibré entre le chant et le piano. Elle sait aussi convaincre avec un sens dramatique idéal.

Alain Altinoglu sait parfaitement mettre son talent au service d’une voix grandiose. Il forme avec Nora Gubisch un duo incontournable.

Crédit photographique : © Philippe Grunchec

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