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José Van Dam et les journées romantiques du Vaisseau Fantôme

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Paris. Péniche le Vaisseau Fantôme. 14-IX-2005. Robert Schumann (1810-1856) : Dichterliebe opus 48. Henri Duparc (1848-1933) : Invitation au voyage ; Extase ; Le manoir de Rosemonde ; Chanson triste ; Phidilé. José Van Dam, baryton. Maciej Pikulski, piano.

Stars, du crépuscule au firmament

La péniche « le Vaisseau fantôme » est un endroit sympathique et convivial pour entendre de la musique, voir des pièces de théâtre ou des expositions. L’intérieur, minuscule, est joliment garni de bois sombre, ce qui présente l’avantage d’obtenir une acoustique parfaite. Des œuvres sont exposées sur les murs, pendant le festival des Journées romantiques du Vaisseau Fantôme, ce sont les peintures de Pierre Pentchev. Le confort d’assise est un peu plus fruste, mais amusant, mélange de chaises d’écoliers, de bancs de bois et de sièges de jardin, certains spectateurs sont même assis sur les marches. Et, en ces chaudes journées de fin d’été, la chaleur d’une centaine d’êtres humains installés dans la communion avec l’art devient assez vite suffocante! Nous n’avons aperçu, hélas, aucun des fantômes dont on voit les photos sur le site.

Mais qu’importe, car, comme le rappelle fort bien , invité d’honneur du festival, il s’agit d’écouter de la musique, interprétée par des artistes connus aussi bien que par de jeunes talents à découvrir. Le programme choisi par l’illustre baryton-basse est des plus classiques. Dichterliebe de Schumann en première partie, cinq mélodies de Duparc en deuxième, un seul bis, l’air de la calomnie du Barbier de Séville, dans lequel se déchaîne sa vis comica, bien peu exploitée sur scène.

Disons-le d’emblée, était ce soir là dans une méforme évidente. Timbre fatigué, sans harmoniques, aigus tendus et manquants de couverture rendent l’écoute parfois pénible. On entend déjà les Cassandre de tous poils hurler à l’usure inévitable des moyens, à la retraite proche. Est-ce si sûr? Tout artiste ayant derrière soi une si longue carrière n’est-il pas en droit d’être aussi bien qu’un débutant, moins en forme certains jours que d’autres? Car la voix sonnait plus fatiguée qu’usée, et moins ferme que dans ses prestations récentes, De la maison des morts à l’Opéra Bastille en mai dernier, par exemple, où cette lassitude, cette faiblesse n’était nullement perceptible. Et quand bien même ce serait, est-ce faire injure à une des voix les plus glorieuses de notre époque d’épingler les outrages du temps? Sûrement pas. Car le reste est intact, sens de la dynamique, intelligence du texte, diction, expressivité, qui rendent ses Duparc en particulier, fondants comme un bonbon dans la bouche.

Maciej Pikulski, pianiste attitré de José Van Dam depuis plusieurs années et l’un des organisateurs du festival, était quant à lui particulièrement remarquable. Jeu à la fois sobre et puissamment romantique, élégant, raffiné. Et lors des saluts, n’était-il pas émouvant de voir réuni ce chanteur allant vers son crépuscule et ce pianiste à son apogée, ensemble? L’exact sujet de ce Maître de musique, diffusé la veille au cinéma MK2, dans le même cadre de ces Journées romantiques du Vaisseau Fantôme.

Le site du vaisseau fantôme :
http://www.vaisseau.org/vaisseaufantome/pages/lesjourneesromantiques.htm

Crédit photographique : DR

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Paris. Péniche le Vaisseau Fantôme. 14-IX-2005. Robert Schumann (1810-1856) : Dichterliebe opus 48. Henri Duparc (1848-1933) : Invitation au voyage ; Extase ; Le manoir de Rosemonde ; Chanson triste ; Phidilé. José Van Dam, baryton. Maciej Pikulski, piano.

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