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Roberto Alagna chante Luis Mariano… chez Karajan

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Roberto Alagna chante Luis Mariano. Francis Lopez (1916-1995) Mexico, La Belle de Cadix, L’Amour est un bouquet de violettes, Rossignol de mes amours, Zambra, Quand on est deux amis. Cole Porter (1891-1964) C’est magnifique ! I love Paris. Colette Mansard (?) Aïe, pourquoi on s’aime. Armand Canfora (?) Salade de fruits. Buddy Pepper (?) Vaya con Dios. Roberto Alagna (ténor), avec la participation d’Arielle Dombasle, Elie Seymoun et Jean Reno. Paris Symphonic Orchestra, direction Yvan Cassar. 1CD DGG 983 255-7 enregistré entre décembre 2004 et juillet 2005. Durée 42’25″.

 

De tout temps, les stars de l’opéra se sont promenées sur les chemins de la chanson populaire. Si la mélodie napolitaine a gagné ses lettres de noblesse (pas toujours méritées) grâce à la constance des ténors, les standards américains ont connu des renouveaux inédits et tout aussi discutables en s’appuyant sur la voix des barytons et des basses. Quant aux dames, elles ont marqué une attirance (souvent très contestable) pour le negro spiritual.

Le phénomène n’étant pas nouveau, l’une des plus belles voix de ténors actuelles pense bien faire en se lançant dans le sillage populaire de ses illustres ancêtres. Avec ses premières armes vocales glanées au cabaret, a certainement un bagage plus solide pour cette musique qu’un élève sortant du Conservatoire. Et Luis Mariano, à la fois le plus populaire et le plus ringard des ténors des années cinquante, est un sujet particulièrement difficile à aborder sans risquer la caricature. Parce que si tout le monde connaît son « Mexico, Mexi hiiiiico » pour l’avoir chanté dans sa salle de bains, se lancer dans un hommage au ténor d’opérette au sourire Colgate sans être ridicule n’est pas du ressort de tous. C’est le défi que vient de se lancer avec un cran et une maestria qu’il convient de relever.

La mémoire auditive est trompeuse et passagère. Mais lorsqu’il s’agit de rengaines matraquées sur les ondes radiophoniques pendant des années, c’est le souvenir indélébile qui se grave à l’oreille de chacun, pour peu qu’elle soit un tantinet exercée. Le célébrissime Mexico en est la meilleure preuve. Ainsi, à la première écoute, la version qu’en donne le ténor français semble étonnamment moins brillante que celle de Luis Mariano dans Le chanteur de Mexico. Questionné à ce sujet, explique que le « Mexico » de nos mémoires provient de la bande son du film restituée un demi-ton plus haut que la partition originale. Justement pour donner cet éclat supplémentaire au chant de Luis Mariano. Mais après avoir étudié les documents télévisuels et radiophoniques de Luis Mariano, confirme que le positionnement de « son aigu » est identique à celui de son illustre prédécesseur.

S’il faut bien reconnaître que cet enregistrement ne peut avoir la prétention de faire partie des albums indispensables à tout lyricomane, il faut se réjouir du soin que Roberto Alagna apporte à sa réalisation, et tout particulièrement, à la diction. Aucune sophistication dans son langage, il chante avec les mots qu’on déclamerait au théâtre parlé d’aujourd’hui. Avec une grande sensibilité artistique, il dit le texte de ces chansons comme personne ne l’avait fait jusqu’ici. N’exagérant jamais le mot, sans mièvrerie, sans préciosité, l’intelligibilité de son français est exceptionnelle. Un régal et un modèle! si ce n’était pour la puissance de sa voix, jamais on ne croirait qu’un chanteur d’opéra puisse raconter aussi bien. Ne tombant jamais dans le piège de l’imitation ou de la parodie, Roberto Alagna offre un album de qualité. Vocalement investi, la voix du ténor est belle, jeune et admirablement bien conduite. A l’image de ce Rossignol de mes amours dans lequel il ne force jamais le trait même si les paroles sont d’un lyrisme pathétique. Dans Aïe, pourquoi on s’aime, Roberto Alagna retrouve le métier et l’entrain de ses années de cabaret. En véritable « entertainer », il chante avec un plaisir débridé entraînant dans son sillage une insupportable Arielle Dombasle qui démontre (une fois de plus) qu’elle n’a ni voix, ni talent.

On peut ne pas aimer ces musiques, les juger d’une légèreté superficielle, reste que le chant sans aucune affectation avec lequel le ténor français se charge de les interpréter les fait redécouvrir au-delà du simple souvenir du légendaire Chanteur de Mexico.

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Roberto Alagna chante Luis Mariano. Francis Lopez (1916-1995) Mexico, La Belle de Cadix, L’Amour est un bouquet de violettes, Rossignol de mes amours, Zambra, Quand on est deux amis. Cole Porter (1891-1964) C’est magnifique ! I love Paris. Colette Mansard (?) Aïe, pourquoi on s’aime. Armand Canfora (?) Salade de fruits. Buddy Pepper (?) Vaya con Dios. Roberto Alagna (ténor), avec la participation d’Arielle Dombasle, Elie Seymoun et Jean Reno. Paris Symphonic Orchestra, direction Yvan Cassar. 1CD DGG 983 255-7 enregistré entre décembre 2004 et juillet 2005. Durée 42’25″.

 
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