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Il combattimento di Tancredi e Clorinda

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Claudio Monteverdi (1567-1643) : Interrote speranze ; Altri canti d’amor, lamento della ninfa ; Hor che’l ciel e la terra ; Altri Canti di Marte ; Con che soavita ; il Combattimento di Tancredi e Clorinda. Jan Van Elsacker, Hervé Lamy, ténors ; Guillemette Laurens, Céline Vieslet, soprano ; Jean-Michel Fumas, alto ; Matthew Baker, Jean-Claude Saragosse, basses. Stéphanie Pfister, Veronika Skuplik, violon ; Géraldine Roux, alto ; Gaetano Nasillo, violoncelle ; Sylvie Mocquet, viole ; Lucas Guimaraes Peres, viole, lirone ; Matthieu Lusson, violone ; Marco Horvat, théorbe, guitare ; Françoise Johannel, harpe ; Laurent Stewart, Emmanuel Mandrin, Freddy Erchelberg, clavecin, orgue, épinette. Ensemble vocal Akadémia, direction : Françoise Lasserre. 1CD Zig-Zag Territoires ZZT051003. Enregistré en 2004. Notice bilingue (français-anglais). Durée : 59’.

 

Sous le titre du tube il combattimento di Tancredi e Clorinda, dernier enregistrement de l’ensemble Akadémia, se cachent en réalité sept madrigaux de Monteverdi, extraits des septièmes et huitièmes livres.

Quels choix ont procédé à la sélection de ceux-ci? La plaquette est muette à ce sujet. Tout au plus un petit texte sur le paradoxe de Altri Canti di Marte introduisant les chants amoureux, tandis qu’Altri canti d’amor introduit les chants guerriers. On suppose donc que seul le bon plaisir de , directrice musicale, a présidé à l’exécution de ces madrigaux, ceux-ci ayant cependant pour point commun de raconter chacun une histoire, mini-saynètes, voire opéras miniatures, au dramatisme parfaitement achevé. Il y a du Ritorno d’Ulisse dans Altri canti d’amor, du Couronnement de Poppée dans Altri canti di Marte. Le minutage du CD étant un peu chiche (59 minutes), on aurait toutefois aimé avoir la possibilité d’entendre quelques madrigaux de plus.

Déjà embarrassé par l’arbitraire de la programmation, on l’est aussi par l’exécution. Non pas qu’elle démérite, loin de là, mais il y manque ce petit quelque chose irritant sur lequel on n’arrive pas à mettre le doigt, et qui gêne l’écoute à nos oreilles difficiles, habituées à la perfection d’un ou d’un .

Et on se prend à chercher pourquoi le bât blesse, pourquoi ce CD tout à fait agréable et plus qu’honnête n’entrera pas au Panthéon monteverdien. Manque d’inventivité et de vie dans les ornementations? Sans doute. Un clavecin un peu trop fort, qui ne se laisse pas oublier? Aussi. Mariage des voix manquant d’homogénéité? Certes. Une série de petits cailloux dans la chaussure, sans trop de gravité quand ils sont pris isolément, mais dont l’accumulation finit par lasser.

Qu’en est-il des voix prises séparément? Le plaisir prospectif était grand à la lecture du nom de sur la pochette. Hélas, le temps a passé, sa nymphe se lamente d’une voix poussée, trop forte, entachée de vibrato, l’ornementation est parfois savonnée et pas toujours très propre. Une prestation pas indigne, mais juste moyenne. Le madrigal con che soavita la trouvera un peu plus inspirée. On préférera la basse au beau creux de , et surtout le Testo de dans il Combattimento di Tancredi e Clorinda, qui donne enfin une signification à l’enregistrement de ce CD. Récitant plein de feu, il distille un récit emporté et très vivant, la voix même par instants poussée à ses dernières extrémités, avec des ornementations séduisantes.

A écouter, avant de retourner à ses préférences monteverdiennes.

Et toujours, les splendides pochettes d’Anne Peultier

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