Festivals, La Scène, Musique symphonique

Festival Présences 2006, ouverture romantique

Plus de détails

Paris. Maison de Radio-France, salle Olivier-Messiaen. 03-II-2006. Krzysztof Penderecki (né en 1933) : Symphonie n°2 « Christmas Symphony » (création française) ; Symphonie n°8 « Lieder der Vergänglichkeit » (création française). Olga Pasichnyk, soprano ; Agnieszka Rehlis, mezzo-soprano ; Thomas Bauer, baryton. EuropaChorAkademie (chef de chœur : Joshard Daus), Orchestre Philharmonique de Radio-France, direction : Krzysztof Penderecki.

Coup d’envoi de la traditionnelle quinzaine gratuite de la musique contemporaine à Radio-France, qui cette année, de concerts en concerts, lorgne vers le passé au point de loucher. L’invité de marque de cette année revendique haut et fort son attachement au XIXe siècle. Beaucoup d’encre a coulé à propos de la secunda prattica de Penderecki depuis sa Symphonie n°2 (1980) : retour en arrière, régression, ou au contraire compréhension d’un auditoire, mise en avant du sentiment sur la forme. Quoiqu’il en soit, cette œuvre qui se veut héritière de Bruckner et Mahler est plutôt la digne descendante des musiques des productions de Cecil B. De Mille. Entre deux expositions du thème initial de violoncelle qui parcourt ces trente-six minutes symphoniques, un déluge de cuivres et de percussions annonce l’arrivée imminente Yul Brynner ou Charlton Heston… Le compositeur défend avec conviction son œuvre malgré un orchestre peu enthousiaste et pas très emballé par cette symphonie tapageuse.

La Symphonie n°8 ou Lieder der Vergänglichkeit est un autre manifeste romantique : Schubert, Berlioz, Mahler, Reger et même Alban Berg se bousculent dans ce cycle de lieder ou l’auditeur découvre, outre la foi, l’autre passion de Penderecki : l’arboriculture. Contrairement à la Symphonie n°2, la Symphonie n°8 malgré son romantisme tardif voulu est d’une écriture bien plus personnelle, et le traitement vocal du chœur et des solistes contient la griffe inimitable du compositeur, constante depuis Aus dem Psalmen David (1958). Une bouffée de lyrisme parcourt cette vaste partition, à l’orchestration à la fois délicate et chargée – au point de couvrir parfois les chanteurs. L’interprétation en était sans failles, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France se montrant cette fois sous son meilleur angle. Mentions spéciales pour qui se joue des vocalises initiales et redoutables du premier lied et pour , remplaçant de dernière minute de (créateur de l’œuvre) qui a réussi le tour de force d’apprendre cette partition en peu de temps et d’aborder une partie qui demande tout autant de puissance que de finesse. Enfin n’oublions pas de citer le remarquable EuropaChorAkademie, jeune chœur professionnel basé en Allemagne, pépinière de talents venus de toute la Communauté Européenne. Devant un auditorium Olivier-Messiaen complet – le concert s’est joué à guichets fermés – a pu goûter à un triomphe qui tardait à venir sur le sol français.

Plus de détails

Paris. Maison de Radio-France, salle Olivier-Messiaen. 03-II-2006. Krzysztof Penderecki (né en 1933) : Symphonie n°2 « Christmas Symphony » (création française) ; Symphonie n°8 « Lieder der Vergänglichkeit » (création française). Olga Pasichnyk, soprano ; Agnieszka Rehlis, mezzo-soprano ; Thomas Bauer, baryton. EuropaChorAkademie (chef de chœur : Joshard Daus), Orchestre Philharmonique de Radio-France, direction : Krzysztof Penderecki.

Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.