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Gustav Mahler et Pierre Boulez par Michael Gielen

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 9 en ré majeur. Pierre Boulez (1925) : Rituel In memoriam Bruno Maderna ; Notations I à IV, VII. Orchestre Symphonique de la SWR de Baden-Baden, direction Michael Gielen. 2 CD Hänssler. Réf. : CD 93098. Enregistré au Konzerthaus de Fribourg du 27 juin au 4 juillet 2003 (Mahler) et au Studio Hans Rosbaud, Baden-Baden du 19 au 21 septembre 1990 (Boulez). DDD. Notice bilingue (allemand, anglais), intéressante synthèse. Durée : 2h 09’07.

 

Après une première gravure réalisée en 1990, revient, treize ans plus tard, avec son Orchestre Symphonique de Baden-Baden, vers ce chef-d’œuvre incontournable qu’est la Symphonie n° 9 en ré majeur composée par au cours de l’été 1909 et créée par Bruno Walter à Vienne en juin 1912, plus d’un an après sa mort des suites d’une angine bactérienne à une époque où les antibiotiques n’existaient pas encore.

Mais revenons au travail de Gielen qui, comme à son habitude, ne s’encombre pas de sentiment ni d’introspection et se concentre, en bon architecte-technicien, sur le discours lui-même. Il s’ensuit un déroulement musical assez déshabité qui dans le premier mouvement Andante commodo génère une vision malgré tout impressionnante, tendue, d’une froide profondeur. Le second mouvement « dans le tempo d’un laendler confortable » offre un fort contraste, abordé avec encore davantage de volonté mécanique et de sécheresse malgré l’expression d’une valse, dépourvue d’exubérance. Le Rondo-Burlesque, de tempo rapide, manque de souplesse et d’agitation, du repos momentané et de l’insouciance, relative il est vrai, que ménage le compositeur à son œuvre. Les interprètes persistent dans leur conception, refusant toute approche humaniste en optant pour une lecture incisive et métallique. Néanmoins leur réalisation apparaît très aboutie et scrupuleusement honnête. Le dernier mouvement, Adagio, un des sommets mahlériens les plus authentiques, annonce directement l’Adagio visionnaire de la symphonie suivante (inachevée), moins taillé à la serpe, moins glacial, parfois, mais brièvement, vecteur de beaux instants d’une profondeur émouvante. Il fait enfin naître une atmosphère plus humaine. Une bouffée supplémentaire de tendresse n’aurait pas nui cependant!

En complément de programme deux œuvres de Rituel et quelques Notations – constituent une excellente occasion, somme toute rare, de se confronter à un contemporain mondialement respecté, mais dont les non-spécialistes parlent beaucoup plus qu’ils ne l’écoutent.

Pour juger équitablement, donc. Et dans une version irréprochable.

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 9 en ré majeur. Pierre Boulez (1925) : Rituel In memoriam Bruno Maderna ; Notations I à IV, VII. Orchestre Symphonique de la SWR de Baden-Baden, direction Michael Gielen. 2 CD Hänssler. Réf. : CD 93098. Enregistré au Konzerthaus de Fribourg du 27 juin au 4 juillet 2003 (Mahler) et au Studio Hans Rosbaud, Baden-Baden du 19 au 21 septembre 1990 (Boulez). DDD. Notice bilingue (allemand, anglais), intéressante synthèse. Durée : 2h 09’07.

 
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