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Gustav Mahler, bâtisseur de mondes sonores

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 5 en do dièse mineur. Orchestre symphonique de la SWR Baden-Baden, direction Michael Gielen. 1 CD Hänssler. Réf. : CD 93101. Enregistré le 9 et 10 décembre 2003 au Konzerthaus de Fribourg. DDD. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 68’54

 

Bâtisseur de mondes sonores d’une extrême complexité formelle et d’une richesse émotionnelle exceptionnelle, porte à son acmé le post-romantisme orchestral et en propulse toutes les vertus jusqu’à nos jours. Pour continuer à exister, ses musiques exigent l’intervention d’un architecte de premier plan. Avec , chef d’orchestre et compositeur argentin naturalisé autrichien, né à Dresde en 1927, s’exprime un artiste d’une grande rigueur, bien connue et reconnue. Sa régularité métronomique, son absence et même son refus de tout pathos, sa direction froide et scrupuleusement analytique signent la plupart de ses enregistrements. Ainsi se classe-t-il brillamment parmi les modernistes proches de l’avant-gardisme musical du XXe siècle.

Mahler a fini par trouver grâce à leurs yeux et par représenter le point de départ de l’art musical contemporain. Sa lecture maîtrisée de la Symphonie n° 5 en do dièse mineur de , à la tête de l’Orchestre symphonique de la SWR Baden-Baden, qu’il dirige depuis 1986, aboutit de concert à une dé-densification émotive voulue et à un recentrage des forces vives de la partition vers les richesses structurelles qui la sous-tendent. A l’écoute de cette symphonie en cinq mouvements fort variés et constamment inspirés, le chef et son orchestre parviennent à nous convaincre, en dépit de l’absence calculé de romantisme ici remplacé par une intense tension, très efficace, notamment dans la marche funèbre initiale (Trauermarsch) avec sa fanfare défendue par quatre trompettes alternant avec une section plus nostalgique. Toutefois le célébrissime Adagietto, popularisé par le film Mort à Venise de Visconti (1971), nous apparaît présentement distant, dépourvu de rêve et contrôlé à l’excès.

Globalement ce travail honorable et respectable s’il en est, se situe à mille lieux de la vision, antinomique, d’un Léonard Bernstein. Sans doute de plus grandes satisfactions se trouvent-elles dans l’inoubliable enregistrement de l’Orchestre du Concertgebouw galvanisé par un Riccardo Chailly très inspiré (Decca, 1997).

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 5 en do dièse mineur. Orchestre symphonique de la SWR Baden-Baden, direction Michael Gielen. 1 CD Hänssler. Réf. : CD 93101. Enregistré le 9 et 10 décembre 2003 au Konzerthaus de Fribourg. DDD. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 68’54

 
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