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Et si Adolph von Henselt était le frère de Frédéric Chopin?

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Adolph von Henselt (1814-1889) : Douze Etudes caractéristiques op. 2  ; La Gondola op. 13 n°2 ; Frühlingslied op. 15 ; Toccatina op. 25 ; Poème d’amour Andante et Allegro concertante op. 3 ; Rhapsodie op. 4 n°1 ; Douze Etudes de Salon op. 5 ; Deux Nocturnes op. 6. Esther Budiardjo, piano. 1 CD Pro Piano Records PPR 224540 / PPR 224541. Enregistré au Right Tracks Studio 509A, New York le 09. 03. 2003 et le 10. 03. 2003. Producteur : J. Y. S, C. O, E. B, RDLR. Biographies sur pochette du CD en anglais et français. Durée totale : 92’53

 

Peut-on encore écrire après Frédéric Chopin ou Ferenc Liszt ? Et si oui, quoi ? Pour qui ne connaît pas l’œuvre d’, cet album donnera aux passionnés de musique romantique l’occasion d’enrichir leur répertoire. Heureusement, la flamme romantique prend sa source dans les cœurs les plus bouillonnants, et sait avec éclat dépeindre les humeurs si changeantes de l’ère romantique. Il fut non seulement pianiste auprès de la Cour de Saint-Pétersbourg, mais également professeur à l’Ecole de Jurisprudence et professeur de piano de 1838 à 1889. C’est Clara Schumann qui créa son Concerto pour piano, dont Rachmaninov reprendra certains thèmes d’ailleurs. Artiste contemporain de Félix Mendelssohn et Robert Schumann, fût reconnu comme pianiste compositeur grâce à la publication de son opus 1 de 1837. Il a étudié avec Johann Nepomuk Hummel à Weimar et Simon Sechter à Vienne.

Les douze études s’ouvrent sur une main gauche tourmentée et orageuse qui n’est pas sans rappeler la Fantaisie impromptue n°4 de Frédéric Chopin. Les sous titre de ces études sont en français, alors que les Douze Etudes de salon possèdent des titres en allemand. L’accalmie qui suit laisse place aux prières, aux ruisseaux, aux soupirs des amours de jeunesse, les harmonies subtiles, parfois d’une tristesse infinie, parfois aussi légères qu’un oiseau se balançant sur une branche, mais toujours généreusement mélodiques. Le style d’Adolph von Henselt est parfois si proche de celui de Frédéric Chopin qu’il esquisse souvent la paraphrase des grands textes du maître. Cela dit, le balancement rythmique de ces études est souvent plus celui d’une gondole que d’un navire qui sombre, emporté dans les entrailles de la terre. La huitième étude caractéristique est un Allegro agitato ed appassionato. La teneur postromantique, la répétition des accords appuyés suggérant parfois Serge Rachmaninov, sont le reflet d’une douce période très proche des harmonies de Frédéric Chopin, dont l’appogiature supérieure de la quinte sur accord de septième de dominante en est la gâterie délicieuse. Ferenc Liszt est plus présent dans le Poème d’amour, pièce dédiée à sa femme, Rosalie Vogel qu’il épousa en 1837. L’âme russe sonne également dès les premières mesures de la Rhapsodie. Cette incroyable mélodie qui se déploie au-delà des frontières slaves se conclut sur une cadence inattendue, à nu, une simple quinte seule. Pour les Douze Etudes de salon, la première inaugure une forme variation du thème à l’accompagnement d’une difficulté pianiste redoutable qu’Esther Budiardjo dépasse sans faiblesse. Cette pianiste, couverte de louanges par de nombreuses critiques du monde de la musique dont Richard Dyer et Boston Globe, dénote un esprit subtil et une maîtrise sophistiquée qui en fait une pianiste saisissante. La seconde étude de salon laisse échapper les influences de l’Etude en do mineur op. 10 n°12 de Frédéric Chopin, mais pourtant, la réécouter encore et encore est un plaisir inoubliable, tant l’écriture de cette pièce est parfaitement solide et d’une identité propre. La plus extraordinaire est certainement la n°3 en la mineur « Hexentanz » Allegro con brio e feroce. Elle alterne respiration et reprise soudaine, proche des lutins et des sautillements espiègles d’un compositeur génial. Les deux Nocturnes bercent de languissantes tendresses le ruisseau de nos souvenirs les plus doux. Dès 1840, trois ans après son mariage, le nombre de compositions éditées par Adolph von Henselt diminue considérablement. Son nouveau poste d’enseignant est probablement l’explication de cette baisse d’écriture. Dès 1850, Adolph von Henselt retrouve sa casquette de pianiste de concert, et fait de nombreuses tournées en France, Allemagne, Angleterre et Russie. Esther Budiardjo sait parfaitement gérer son tempérament de feu. Premier prix du Concours International de Piano William Kapell en 1996 dans le Maryland, et Premier Prix du Concours international de piano Strawinsky Awards dans l’Illinois en 1993.

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Adolph von Henselt (1814-1889) : Douze Etudes caractéristiques op. 2  ; La Gondola op. 13 n°2 ; Frühlingslied op. 15 ; Toccatina op. 25 ; Poème d’amour Andante et Allegro concertante op. 3 ; Rhapsodie op. 4 n°1 ; Douze Etudes de Salon op. 5 ; Deux Nocturnes op. 6. Esther Budiardjo, piano. 1 CD Pro Piano Records PPR 224540 / PPR 224541. Enregistré au Right Tracks Studio 509A, New York le 09. 03. 2003 et le 10. 03. 2003. Producteur : J. Y. S, C. O, E. B, RDLR. Biographies sur pochette du CD en anglais et français. Durée totale : 92’53

 
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