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Pulcinella & le Baiser de la fée

À emporter, CD, Musique symphonique

Igor Stravinsky (1882–1971) : Pulcinella, le Baiser de la fée. Diana Montague, mezzo-soprano, Robin Leggate, ténor, Mark Beesley, basse. Philharmonia Orchestra de Londres ; London Symphony Orchestra, direction : Robert Craft. 1 CD Naxos 8. 557503. Enregistré le 3, 4, 5 et 8 janvier 1995 (Le Baiser de la fée), le 31 janvier et le 1er février 1997 (Pulcinella) à Londres dans le Abbey Road Studio n°1. DDD. Notice un peu brève en langue anglaise et allemande uniquement. Durée totale : 78 : 23.

 

La participation assidue de Stravinsky aux différentes saisons des fameux Ballets Russes et sa fidèle et fructueuse collaboration avec Serge Diaghilev a fait de lui l’un des compositeurs de musique de ballets les plus importants et les plus appréciés du XXe siècle. Auteur de plus d’une douzaine de réalisations dans le genre, on ne retient trop souvent de lui que L’Oiseau de feu, Petrouchka et le Sacre du Printemps, qui embellissent presque à elles seules la réputation du compositeur russe auprès du grand public.

Moins connus sont les ballets présents sur ce disque, Pulcinella et Le Baiser de la Fée. Ce sont pourtant deux partitions fortement originales en ce qu’elles illustrent très bien la flexibilité de Stravinsky à s’approprier une diversité de styles et de formes musicales. En un sens on peut certainement affirmer que le compositeur russe, nationalisé français puis américain, a été un musicien proprement expérimental, en ce qu’il a su aiguillonner sa curiosité musicale et trouver son inspiration dans différentes voies, que ce soient dans le dodécaphonisme et le Sprechgesang de Schönberg, la musique populaire, le jazz, la religion ou le néo-classicisme. Malgré tout, la philosophie musicale de Stravinsky n’a jamais été d’inspiration purement romantique et expressionniste ; il reniait tout à fait que la musique puisse exprimer quoi que ce soit des sentiments ou des choses.

Avec Pulcinella, pour chanteurs solistes et petit orchestre, sur un livret et une chorégraphie de Léonide Massine, Stravinsky réutilise à sa manière des musiques du passé (notamment de Pergolèse et d’autres compositeurs italiens du XVIIe siècle), en leur faisant subir divers procédés rythmiques, harmoniques et instrumentaux propres au XXe, comme les glissandos du trombone de jazz, l’emploi des harmoniques à la flûte et aux cordes, les effets flautando et saltando, l’emploi abusif de syncopes ou encore la tessiture élargie explorée par le basson, le hautbois et la contrebasse. Bien loin du vulgaire pastiche condamné par certains lors de la création du ballet en 1920, cela donne au final une musique assez singulière qui ne fait pas forcément penser à une musique de ballet, dont l’originalité est non seulement d’avoir recours à des voix solistes, mais aussi la manière subtile et judicieuse de Stravinsky à confronter musique moderne et musique du passé.

Composé en 1928 d’après un conte d’Andersen, Le Baiser de la Fée est aussi un ballet d’une grande originalité, bien qu’il appartienne à un univers tout à fait différent de Pulcinella. Cette fois-ci, Stravinsky réutilise avec fantaisie et grande liberté créatrice certains thèmes de jeunesse de Tchaïkovski pour les transformer en un ballet néo-romantique d’une envergure quasi-symphonique. Stravinsky invoque l’orchestre à son grand complet et rend hommage à celui qu’il admirait tant et considérait comme un des plus grands compositeurs russes.

On passe de bons moments à l’écoute de ce disque Naxos qui juxtapose deux ballets très différents de Stravinsky. Dirigeant tour à tour le Philharmonia et la Symphonie de Londres, le chef restitue pleinement la grandeur et l’originalité de ces œuvres dans une nouvelle et brillante interprétation, et il poursuit ainsi son aventure dans l’œuvre pour ballet de Stravinsky après deux autres disques publiés chez Naxos.

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