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Juan Diego Flórez, le soleil

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Juan Diego Flórez : Sentimiento Latino. Pedro Elias Guttieres (1870-1954) Alma Llanera. José Alfredo Jiménez (1926-1973) Ella. Chabuca Granda (1920-1983) La Flor De La Canela, Fina Estampa, Bello Durmiente. Carlos Gardel (1890-1935) El Día Que Me Quieras. Agustin Lara (1900-1970) Granada. La Jarra De Oro (Trad. ). José Padilla (1889-1960) Princesita. Maria Grever (1884-1951) Júrame. Manuel Maria Ponce (1882-1948) Estrellita. Nœl Estrada (1918-1979) En Mi Viejo San Juan. Ernesto Lecuona (1895-1963) Siboney. Nino Menéndez (?) Aquellos Ojos Verdes. Chucho Monge (1910-1964) México Lindo. Juan Diego Florez, ténor ; Daniel Binelli, bandonéon ; David Galves, guitare ; Shields-Collins Bray, piano ; Mariachi de Oro avec Swang Li, Eugene Cherkasov, Xiao-Hua Sheng, Michael Shih, Adriana Voirin DeCosta (violons), Laura Bruton (alto), Karen Basrak (violoncelle), William Clay (contrebasse). Fort Worth Symphony Orchestra, Miguel Harth-Bedoya, direction. Enregistré entre 25 septembre 2004 et le 2 octobre 2004. Livret en anglais et espagnol. 1CD Decca 475 693-2. 55’06″.

 

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, c’est le soleil. Quelques mois après l’admirable Roberto Alagna chante Luis Mariano, un autre ténor s’attaque à la chanson populaire. Sud-américaine, cette fois. Quel bonheur, quel soleil ! Depuis quand n’a-t-on connu de voix plus lumineuse que celle du ténor péruvien  ?

Avec une voix éclatante de lumière, Juan Diego Flórez, c’est le soleil qui brille. Il fait naître le printemps avant l’heure. Miraculeux, quand il chante Granada, cette rengaine au répertoire de tous les ténors. Il en délivre une version qui remballe toutes les autres au « décrochez-moi çà » ! Aucun artifice, aucune lourdeur dramatique, rien d’autre que l’envie de faire envie. Faire envie de découvrir cette « terre de ses rêves », faire envie de sentir les « suaves fragrances des roses », de rencontrer « les belles filles, de sang et de soleil ».

Dans ce voyage sud-américain, on s’arrêtera avec délices sur les chansons populaires de la compositrice péruvienne Chabuca Granda alias Maria Isabel Granda Larco avec lesquelles le chanteur a grandi. L’histoire ne dit pas s’il chante ces airs mieux que son père, que sa mère à la voix « créole » ou que sa grand-mère et son piano ne le faisaient. L’esprit qui habite l’interprète de ces pages entraîne chacun vers des images d’une Amérique du Sud aux couleurs bariolées, dominées de rouges et d’ors.

Si on peut préférer les plages où le ténor s’accompagne de petits ensembles plutôt que celles où il est entouré des arrangements sirupeux « à l’américaine » d’orchestres de studios hollywoodiens, on ne peut se lasser de cette voix en pleine maturité. La joie de chanter, la facilité d’exprimer son âme dans le chant, de faire partager cet état jouissif du chant à son auditoire, s’inscrit comme un moment de belle communion humaine. La générosité de ce chant est rare parce qu’exprimée dans l’authenticité la plus totale.

Rien de fabriqué dans le chant de Juan Diego Flórez, même si la plénitude du chant reste le fruit d’années de travail. Acquise sa technique, il peut maintenant se projeter au-delà des simples notes. Il marchait, il a appris à dépasser les obstacles. La richesse des couleurs vocales, la beauté du timbre, l’explosion des accents, l’intelligence interprétative, l’absence d’emphase, tout concourt au bonheur de l’écoute. Pourquoi se priver d’une telle chaleur ensoleillée au moment où le printemps a encore quelques peines à se montrer ? Un très beau disque.

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Juan Diego Flórez : Sentimiento Latino. Pedro Elias Guttieres (1870-1954) Alma Llanera. José Alfredo Jiménez (1926-1973) Ella. Chabuca Granda (1920-1983) La Flor De La Canela, Fina Estampa, Bello Durmiente. Carlos Gardel (1890-1935) El Día Que Me Quieras. Agustin Lara (1900-1970) Granada. La Jarra De Oro (Trad. ). José Padilla (1889-1960) Princesita. Maria Grever (1884-1951) Júrame. Manuel Maria Ponce (1882-1948) Estrellita. Nœl Estrada (1918-1979) En Mi Viejo San Juan. Ernesto Lecuona (1895-1963) Siboney. Nino Menéndez (?) Aquellos Ojos Verdes. Chucho Monge (1910-1964) México Lindo. Juan Diego Florez, ténor ; Daniel Binelli, bandonéon ; David Galves, guitare ; Shields-Collins Bray, piano ; Mariachi de Oro avec Swang Li, Eugene Cherkasov, Xiao-Hua Sheng, Michael Shih, Adriana Voirin DeCosta (violons), Laura Bruton (alto), Karen Basrak (violoncelle), William Clay (contrebasse). Fort Worth Symphony Orchestra, Miguel Harth-Bedoya, direction. Enregistré entre 25 septembre 2004 et le 2 octobre 2004. Livret en anglais et espagnol. 1CD Decca 475 693-2. 55’06″.

 
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