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Proxima Centauri : les itinéraires sonores

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Bordeaux. TNT. 04-V-2006. Christophe Havel (né en 1956) et Proxima Centauri : Mutations (création). Claude Lenners (né en 1956) : Dialog V bis ; 1rst dream (création). Hans-Joachim Hespos (né en 1938) : Naï pour voix seule. Thierry de Mey (né en 1956)  : Musique de tables pour trois musiciens. Johannes Schöllhörn (né en 1962) : Vor Augen (création) pour voix, saxophone, violoncelle et piano. Iannis Xenakis (1922-2001) : Mika pour violon. Ensemble Proxima Centauri : Christophe Havel, dispositif électronique ; Marie-Bernadette Cherrier, Saxophones ; Clément Fauconnet, percussions ; Hervé N’Kaoua, piano ; Laurence Lacombe, violoncelle ; Géraldine Keller, voix ; Jean Leber, violon.

Depuis sa création en 1991, l’ fondé par – directrice artistique et saxophoniste émérite – et compositeur, s’est donné pour mission, sur Bordeaux et la région aquitaine, de défendre la musique d’aujourd’hui en jouant les œuvres de compositeurs vivants et suscitant des commandes qui mettent désormais à leur répertoire une centaine d’œuvres interprétées.

Pour son deuxième cycle de concerts en saison, Proxima Centauri proposait au public bordelais un rendez-vous sous le signe de la découverte et de l’échange en invitant, comme il le fait désormais systématiquement, un autre ensemble, le NEC (Nouvel Ensemble Contemporain) de la Chaux de Fond que l’on pouvait entendre le lendemain dans un programme centré autour du violoncelle.

Pour cette première soirée du jeudi 4 mai, Proxima Centauri accueillait un tout jeune public de collège qui, dès 19 heures, était convié à une répétition commentée des deux œuvres de inscrites au programme. Grâce à des interventions ponctuelles de l’Ensemble Proxima au sein même des classes pour sensibiliser les élèves au répertoire contemporain, c’est avec une écoute active et très concentrée qu’ils ont assisté au concert du soir prévu sans entracte avec une mise en espace habilement conçue pour stimuler l’intérêt et ménager différentes situations d’écoute.

C’est l’interaction de l’image, du geste et du son qui créait la première surprise de ce concert avec l’» œuvre-performance » de , Mutations. Elle sollicite la participation de deux musiciens et la magie de l’électronique agissant en direct sur la résonance de petits corps sonores visualisés sur l’écran et dont le son, capté par le micro, est réinjecté dans les haut-parleurs en une féerie sonore totalement inouïe. Ces Mutations reviendront au cours du concert captiver l’écoute d’un public très intrigué. Après Dialogue V bis de , une œuvre cherchant l’étroite connivence du saxophone ténor et de la percussion pour instaurer un climat poétique d’une chaude intimité, Naï pour voix de soprano de mettait en scène dont le visage projeté sur un écran accentuait la dimension théâtrale de sa prestation virtuose. Comme Bério dans sa Sequenza III, le compositeur explore une forme nouvelle de vocalité accumulant une succession d’» actions vocales » dans une dramaturgie saisissante. La « musique de tables » de proposait un autre spectacle fascinant, un petit ballet de mains à trois musiciens – saluons les performances de M. B. Charrier, Clément Fauconnet et – où l’aspect visuel et chorégraphique est en parfait équilibre avec le sonore (la percussion sur les tables) et la musicalité de l’interprétation. L’œuvre est conçue comme une Suite baroque enchaînant une Ouverture, un Rondo, un Fugato, un Galop…dans une écriture très codifiée où rigueur rime avec bonne humeur. Vor Augen de instaure une situation intéressante entre le texte d’une récitante – – mise en arrière plan et le jeu des instrumentistes – saxophone, violoncelle et piano – créant un paysage sonore qui en voile l’émergence, ne laissant parvenir aux oreilles du public que les effluves de la poésie narrative. Seule œuvre soliste de ce concert mettant en valeur l’impressionnante maîtrise du violoniste , Mikka pour violon de Xénakis est une des rares compositions de petit format du compositeur qui n’en exclut pas moins la densité et l’épaisseur d’une sonorité unique et reconnaissable : glissandi, rugosité des doubles cordes, énergie du geste instrumental délimitant un espace très construit où s’affirme la pertinence d’une pensée originale. La dernière œuvre du programme, 1st dream de Claude Lenners pour piano, violon, percussion et saxophone sollicitait l’action interactive de chaque instrumentiste pour faire naître des états de tension menée jusqu’à l’éclatement du processus. Elle était donnée en création par les musiciens de Proxima Centauri dont on put apprécier une fois encore la cohésion d’ensemble et l’engagement soutenu pour servir une musique qu’ils ont à cœur de défendre.

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Bordeaux. TNT. 04-V-2006. Christophe Havel (né en 1956) et Proxima Centauri : Mutations (création). Claude Lenners (né en 1956) : Dialog V bis ; 1rst dream (création). Hans-Joachim Hespos (né en 1938) : Naï pour voix seule. Thierry de Mey (né en 1956)  : Musique de tables pour trois musiciens. Johannes Schöllhörn (né en 1962) : Vor Augen (création) pour voix, saxophone, violoncelle et piano. Iannis Xenakis (1922-2001) : Mika pour violon. Ensemble Proxima Centauri : Christophe Havel, dispositif électronique ; Marie-Bernadette Cherrier, Saxophones ; Clément Fauconnet, percussions ; Hervé N’Kaoua, piano ; Laurence Lacombe, violoncelle ; Géraldine Keller, voix ; Jean Leber, violon.

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