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Pelléas dans la neige

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Claude Debussy (1862-1918) : Pelléas et Mélisande. Mise en scène : Sven-Erich Bechtolf. Décors : Rolf Glittenberg. Costumes : Marianne Glittenberg. Lumières : Jürgen Hoffmann. Avec  : Rodney Gilfry, Pelléas ; Isabel Rey, Mélisande ; Michael Volle, Golaud ; László Polgár, Arkel ; Cornelia Kallisch, Geneviève ; Eva Liebau, Le petit Yniold ; Guido Götzen, Un médecin / Un berger. Zusatzchor Opernhaus Zürich (chef de chœur : Ernst Raffelsberger). Orchestre de l’Opéra de Zürich, direction : Franz Welser-Möst. Réalisation : Felix Breisach. Filmé à l’Opera de Zürich en novembre 2004. Sous-titrage en anglais, allemand, français, espagnol et italien. 2 DVDs TDK 24221 00162. Zone 0. 2h41’.

 

Avec un nombre impressionnant de nouvelles productions chaque saison, un répertoire très varié et des distributions souvent très homogènes, l’Opéra de Zürich compte parmi les théâtres les plus intéressants du moment. Heureusement pour tous ceux qui ne peuvent s’y rendre régulièrement, un grand nombre des nouvelles productions, voire quelques reprises sont filmées et disponibles peu de temps après en DVD. Dernière publication : Pelléas et Mélisande, l’une des nouvelles productions de la saison 2004/2005, enregistrée en novembre 2004. La production avait été confiée à ce que la presse appelle souvent la dream team de Zürich, c’est à dire l’acteur et metteur en scène Sven-Erich Bechtolf et le chef qui, auparavant, avaient déjà collaborés pour Lulu, Otello, Die tote Stadt et Der Rosenkavalier.

Confier Pelléas et Mélisande à un metteur en scène qui s’intéresse surtout à la psychologie des personnages pourrait sembler un choix conséquent. Hélas, cette production s’avère vite assez décevante. Au lieu de jouer la carte de la lisibilité, et de nous traduire le langage symboliste de Maeterlinck et Debussy, Bechtolf ajoute des symboles issus de sa propre fantaisie. Le tout se déroule dans un univers lointain, où la neige ne fond jamais, où les seules couleurs sont le blanc, le noir, un bleu glacial et un vert agressif. Tous les protagonistes sont doublés de poupées dont on ne comprendra jamais la fonction. Dans la première scène, Golaud ne s’adresse qu’à la poupée Mélisande, mais par la suite les choses se compliquent.

Parfois, les personnages ne se parlent que par le biais des poupées, parfois ils entrent en contact directement, et un chanteur s’adresse à sa propre représentation symbolique. Autre énigme : Le fauteuil roulant. Chaque protagoniste en a un. Tantôt, il est assis dedans, tantôt on y trouve les poupées, tantôt les fauteuils sont vides. Las de tant de questions sans réponse, on ne veut même plus savoir pourquoi la scène de la tour se passe dans une vieille Citroën ou pourquoi, à maintes reprises, des personnes entrent en scène alors qu’à ce moment précis, elles ne sont pas censées s’y trouver.

Nous nous consolons plutôt avec la direction d’acteurs fouillée et intense et surtout avec la qualité de l’interprétation musicale. Citons en premier lieu la direction raffinée de Franz-Welser Möst qui sait tirer de cette partition toutes les couleurs dont nous prive la mise en scène. Saluons ensuite une distribution très homogène qui se démarque par une qualité exceptionnelle de la prononciation française, cela malgré le fait qu’aucun chanteur n’est d’origine française. Isabel Rey, vocalement irréprochable, campe une Mélisande plus charnelle que d’habitude, mais particulièrement émouvante dans la scène finale. Rodney Gilfry est un Pelléas au charme irrésistible dont l’engagement scénique et vocal fait oublier certaines tensions dans le registre aigu. En revanche, la tessiture de Golaud convient parfaitement aux moyens de qui, grâce à son approche infiniment nuancée, nous convainc dans les moments de tendresse comme dans les scènes de tourmente. Parmi les autres rôles, il faut notamment citer l’Arkel sonore et humain de ainsi que la Geneviève un peu terne, mais efficace de .

Pour la fin de l’œuvre, Bechtolf nous réserve une belle surprise. Ce n’est que la poupée de Mélisande qui meurt. Isabel Rey en revanche quitte la scène en jouant avec un ballon comme une enfant heureuse. Enfin une image poétique après 150 minutes de froideur…

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Claude Debussy (1862-1918) : Pelléas et Mélisande. Mise en scène : Sven-Erich Bechtolf. Décors : Rolf Glittenberg. Costumes : Marianne Glittenberg. Lumières : Jürgen Hoffmann. Avec  : Rodney Gilfry, Pelléas ; Isabel Rey, Mélisande ; Michael Volle, Golaud ; László Polgár, Arkel ; Cornelia Kallisch, Geneviève ; Eva Liebau, Le petit Yniold ; Guido Götzen, Un médecin / Un berger. Zusatzchor Opernhaus Zürich (chef de chœur : Ernst Raffelsberger). Orchestre de l’Opéra de Zürich, direction : Franz Welser-Möst. Réalisation : Felix Breisach. Filmé à l’Opera de Zürich en novembre 2004. Sous-titrage en anglais, allemand, français, espagnol et italien. 2 DVDs TDK 24221 00162. Zone 0. 2h41’.

 
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