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Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 29-06-2006. Richard Wagner (1813-1883) : Tristan et Isolde – extraits – (version de concert). Deborah Voigt, Isolde ; Endrik Wottrich, Tristan ; Iris Vermillion, Brangaine ; Elka-Wilm Schulte, Melot ; Georg Zeppenfeld, Marke. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

Les concerts de Radio France

L’ avait choisi de présenter le chef-d’œuvre wagnérien par une sélection des extraits les plus brûlants de l’opéra chantés par une distribution exceptionnelle d’intensité, d’humanité et de profondeur. Ce fut un concert superbe et intense. Ont été données à entendre les scènes 1, 2 et 3 de l’acte II et la scène 3 de l’acte III.

Eternel et singulier mystère lié à une inspiration naturelle pour certains, parcours d’une expérience pour d’autres (notamment la liaison passionnée de Wagner avec Mathilde Wesendonck ) cet opéra d’une étrange et presque parfaite beauté s’inspire de vieux mythes celtes auxquels s’accrochèrent de nombreux poètes du Moyen-Age. C’est à Venise, fuyant le scandale de sa liaison avec Mathilde que Wagner achève Tristan und Isolde après trois ans d’une écriture intense. La première de ce drame lyrique a lieu à Munich, le 10 juin 1865. Au pupitre, Hans von Bülow, marié à Cosima, future épouse du compositeur. Wagner exprime avec une étrange et douloureuse puissance cet amour impossible qui se fond dans la nuit et ce fil très mince existant entre l’amour et la mort. Il se concentre sur le drame et le concept musical, délestant l’histoire originale de tout superflu. Le Prélude est un des grands moments de l’histoire musicale. S’y développent les premiers leitmotive de l’œuvre annonçant cette fascinante aspiration au néant qui sera celle des deux héros. Et c’est précisément cet anéantissement dans la nuit qui ne cesse de retenir le public. On est bouleversé par l’immense duo du deuxième acte encadré par l’introduction instrumentale et la Liebestod qui transfigure tout.

a conduit en beauté avec une émotion, un sens des nuances et des couleurs intenses et envoûtants. Il a transfiguré la splendeur chromatique de l’œuvre avec un limpide de clarté et de précision, et des vents d’une belle et subtile souplesse.

était Isolde. La clarté et l’équilibre de sa voix, la beauté de son timbre, sa tessiture ont fait merveille. Elle portait l’émotion à son comble tant par la perfection de l’interprétation dramatique que par la force musicale d’une voix intérieure, profonde et contenue, particulièrement bouleversante et tragique dans la grande complainte finale. a surpassé courageusement une laryngite pénible et douloureuse pour donner à Tristan toute l’émotion dont il est capable dans le sublime duo d’amour du deuxième acte. On devinait l’effort et la souffrance pour placer sa très belle voix, au timbre élégant et fin. Il a réussi à toucher le public et a formé avec un couple remarquable d’intensité dramatique. dans le rôle du roi Marke s’est imposé par la beauté profonde de sa voix riche, ample et son grand sens théâtral. Il était bouleversant de vérité dans la troisième scène de l’Acte II. La Brangaine d’Iris Vermillon et le Melot d’Elka-Wilm Schulte étaient excellents.

Crédit photographique : © DR

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Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 29-06-2006. Richard Wagner (1813-1883) : Tristan et Isolde – extraits – (version de concert). Deborah Voigt, Isolde ; Endrik Wottrich, Tristan ; Iris Vermillion, Brangaine ; Elka-Wilm Schulte, Melot ; Georg Zeppenfeld, Marke. Orchestre National de France, direction : Kurt Masur.

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