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Auberive. Abbaye. 8-VII-2006. Carl Maria von Weber (1786-1826) : Ouverture du Freischütz ; Johannes Brahms (1833-1897) : Double concerto pour violon, violoncelle et orchestre, en la mineur op. 102 ; Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 5, en ut mineur op. 67. Marianne Piketty, violon ; Marc Coppey, violoncelle ; Ensemble orchestral Prométhée, direction : Pierre-Michel Durand. Avec la participation de Frédéric Lodéon (conférence « Brahms » et présentation des œuvres).

Les Musicales d’Auberive

La particularité d’Auberive, aux sources de l’Aube, aux confins de la région Champagne-Ardennes et aux portes de la Bourgogne, c’est son Abbaye cistercienne, fille de Clervaux et devenue depuis peu (2004), à l’initiative de la famille Volot, centre d’art contemporain (peinture, sculpture, dessin, photo…). Il s’agissait, pour les nouveaux propriétaires, de faire de l’abbaye d’Auberive « un lieu de foisonnement culturel mêlant la riche histoire de cet ensemble architectural classé à des activités culturelles d’aujourd’hui ».

Si la première édition des Musicales (2005) réunissait et ses amis, c’est à (concertiste et professeur de violon au CNSM de Lyon) et (chef d’orchestre, assistant de à Lille et directeur du département de formation à l’orchestre au CNSM de Paris) qu’est confiée l’animation de cette seconde édition….

Ainsi se sont déjà produits, au cours de la semaine écoulée, quelques noms prestigieux tels que : , , et , , ou , à qui sont venus se joindre quelques jeunes solistes, en récital, autour d’un thème joliment intitulé Le violon dans un courant d’art. Durant ces quelques jours (les Musicales ont débuté le 3 juillet dernier), Mozart n’aura pas été oublié (hommage oblige), mais auront également figuré au programme des compositeurs aussi divers que J. S. Bach, Vivaldi, Haydn, Brahms, Dvorak, Bartok, Kodaly, Debussy, Prokofiev…ou même Piazzolla.

Si les organisateurs n’ont pas ménagé leurs efforts pour assurer le succès de cette entreprise, ils auront eu cependant à redouter – et déplorer – une fréquentation aléatoire en raison du Mundial de football ! Fort heureusement, l’équipe de France n’étant pas impliquée par la « petite finale » de ce samedi 8 juillet et…le menu au programme étant suffisamment attractif, c’est carton plein quant à l’affluence, pour ce concert de clôture. Il est vrai que les Weber, Beethoven et Brahms, compositeurs ô combien fédérateurs chez les mélomanes rallient encore et toujours bien des suffrages ! Un Brahms, en particulier, déjà à l’honneur au cours de la semaine (plusieurs pièces de musique de chambre), et dont , quelques heures avant le concert, vient de conter la vie. Fidèle à son personnage à la verve bonhomme et malicieuse, friand de bons mots et de savoureuses anecdotes, il a conquis un public volontiers complice et il présente de même chacune des œuvres au programme.

Mais la principale attraction de la soirée, plus encore que les œuvres jouées (tellement connues !), ce sont, bien sûr, leurs interprètes ; en l’occurrence, l’ensemble orchestral Prométhée : une soixantaine de « créatures » (éminemment musicales), de jeunes musiciens tous lauréats des CNSM de Paris et Lyon, et dont, à l’instar de leurs confrères de l’O.F.J. (), l’engagement et l’évident plaisir de jouer ne sont pas les moindres des qualités. Emmenés par un impérial dans la conduite des trois œuvres, ils nous livrent de ces chefs d’œuvres du catalogue allemand, des versions de fort belle tenue. Sont à féliciter, tout particulièrement, les pupitres des vents (et avant tout les cors !) dont tous les soli se révéleront exemplaires de justesse et de qualité de phrasé. Il est réconfortant de voir (et d’entendre !) ainsi de jeunes interprètes aussi impliqués dans leur « service », aborder sans complexe et avec enthousiasme – et talent ! – de grandes pages du répertoire.

Si les cordes manquent un peu de rondeur dans les motifs chantants (Andante con moto de la Symphonie N° 5 de Beethoven, et si la Gorge-aux-Loups (Le Freischütz) manque un peu de mystère, les techniques de trémolo et de pizzicati sont, collectivement, parfaitement maîtrisées, et une certaine « verdeur » d’intonation ne messied pas aux thèmes plus vigoureux et énergiques (Allegro de la symphonie et du concerto, Vivace du concerto). Côté solistes (double concerto de Brahms), saluons la passionnante interprétation de , au violoncelle, absolument convaincant, et de bout en bout, tant dans le registre sombre que dans le lyrisme plus flamboyant ; mais on peut cependant regretter, de la part du violon de , un excès de retenue (?), une réserve de dynamique qui donne de sa partie une vision plus chambriste que concertante. Dans cette lutte d’influence, le « liant » orchestral des Prométhée s’impose sans conteste, par une aisance confondante et le Vivace final du concerto, de caractère plaisamment tzigane, et boosté par la direction dynamisante – mais rigoureuse – de P. M. Durand tourne carrément à l’euphorie ; mais qui s’en plaindrait… ?

Bravo donc aux artisans de cette sympathique et gratifiante soirée festivalière : organisateurs, musiciens d’un Prométhée…prometteur, et solistes de grande classe, sans oublier un coup de chapeau au public, exemplaire de tenue et de réactions.

Souhaitons d’ores et déjà plein succès à la prochaine édition des Musicales d’Auberive.

Crédit photographique : Abbaye d’Auberive © Edouard Bailly

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Auberive. Abbaye. 8-VII-2006. Carl Maria von Weber (1786-1826) : Ouverture du Freischütz ; Johannes Brahms (1833-1897) : Double concerto pour violon, violoncelle et orchestre, en la mineur op. 102 ; Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 5, en ut mineur op. 67. Marianne Piketty, violon ; Marc Coppey, violoncelle ; Ensemble orchestral Prométhée, direction : Pierre-Michel Durand. Avec la participation de Frédéric Lodéon (conférence « Brahms » et présentation des œuvres).

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