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Michel Dalberto, Ralf Gothoni et l’English Chamber Orchestra

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26ème Festival International de Piano

Ralph GothoniLa Roque d’Anthéron. Parc du Château de Florans. 20-VII-2006. W. A. Mozart (1756-1791), Ouverture des Noces de Figaro, Concerto pour piano et orchestre n°16 en ré majeur K. 451, Concerto pour piano et orchestre n°24 en ut mineur K. 491, Symphonie n°31 en ré majeur K. 297 « Paris ». , piano. , direction : Ralf Gothoni.

La Roque d’Anthéron. Parc du Château de Florans. 21-VII-2006. W. A. Mozart (1756-1791), Ouverture de Don Juan K. 527, Concerto pour piano et orchestre n°11 en fa majeur K. 413, Concerto pour piano et orchestre n°14 en mi bémol majeur K. 449, Symphonie n°41 en ut majeur K. 551 « Jupiter ». Ralf Gothoni, piano. , direction : Ralf Gothoni.

Une nouvelle fois, René Martin a su construire un programme qui devrait satisfaire les plus exigeants mordus du clavier et fans de La Mecque du piano. Et, anniversaires de Mozart et Schumann obligent, ils devraient être gâtés par une nouvelle grande féerie musicale concoctée par un directeur artistique qui, grâce à son exigence de qualité, sait allier beauté des œuvres et talent des interprètes auxquels il offre une rencontre privilégiée avec un public passionné et enthousiaste.

Sans chichis, ni mondanités d’aucune sorte, cette XXVIe édition du Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron s’est ouverte avec la présence de l’excellent English Chamber Orchestra que dirige le pianiste Ralf Gothoni, qui a su succéder avec intelligence et talent à Daniel Barenboïm. Une ouverture des Noces enlevée avec brillance et légèreté a précédé le Concerto pour piano et orchestre n°16 en ré majeur K. 451 interprété par dont on a pu apprécier la rigueur respectueuse du texte, le sens du phrasé et des articulations, le toucher très subtil et délicat. A la tête de l’English Chamber Orchestra, Ralf Gothoni impulse tout le charme, la brillance et la nostalgie sous-jacentes à l’œuvre jusqu’au sublime Rondo final mené avec une dynamique et une énergie pleines d’élégance vitale.

Suit le somptueux dialogue piano-orchestre du Concerto pour piano et orchestre n°24 en ut mineur K. 491. On est sous le charme tant la clarté, la limpidité, la fluidité orchestrale est grande. Piano et orchestre s’entendent à merveille. Pendant ces deux jours, Ralph Gothoni a dirigé l’orchestre de telle sorte que chaque instrument existait pleinement, faisant de chaque musicien un soliste. Eclatante, rayonnante, à la virtuosité bondissante et aux couleurs chatoyantes, la Symphonie n°31 en ré majeur K. 297 « Paris » a clôt ce beau concert d’ouverture où l’on regrettera peut-être un certain manque de lyrisme et de chant de la part de cet excellent pianiste qu’est Michel Dalberto qui a joué plus d’une fois l’intégralité des Concertos pour piano de Mozart.

Le lendemain, Ralf Gothoni dirigeait depuis son piano. Cet excellent pianiste que l’on aimerait voir plus souvent dans l’hexagone a proposé une Ouverture de Don Juan dramatique et intense, avec les nuances qui fondent l’angoisse du combat entre la Vie et la Mort.

Suivait le Concerto pour piano et orchestre n°11 en fa majeur. Le piano de Ralf Gothoni chante avec poésie et raffinement, virtuosité et expressivité. De son piano, il mène l’orchestre avec maestria et fait parler le cœur de Mozart. Il y a une belle et profonde osmose entre le piano et l’orchestre. Le chef et soliste qu’il est devient membre de l’orchestre à part entière.

Mozart a écrit le Concerto pour piano et orchestre n°14 en mi bémol majeur pour son élève Barbara Ployer. Pour lui, « c’est un concerto d’un type tout particulier, écrit plutôt pour un petit que pour un grand orchestre ». C’est un chef-d’œuvre, une merveille musicale. Soliste et chef, Ralf Gothoni nous fait partager avec pudeur et intériorité la nervosité et l’émotion qui hantent le premier mouvement Allegro vivace de l’œuvre. Son piano chante l’Andantino et fait briller le mélange du rondo et de la variation de l’Allegro ma non troppo du dernier mouvement pour lequel le dialogue-orchestre est éblouissant. Le soliste dirige cet orchestre remarquable avec brillance et finesse.

La solennité, la richesse orchestrale et architecturale, les sonorités éclatantes de la grandiose Symphonie n°41 en ut majeur « Jupiter » ont clos cette deuxième et magnifique soirée témoignant de la qualité exceptionnelle d’un orchestre dont nous vous proposons cette biographie reproduite du programme.

« Salué comme l’un des orchestres de chambre les plus importants au monde, l’English Chamber Orchestra (ECO) doit sa célébrité à un souci constant d’exigence et à l’impeccable qualité de ses prestations. Son histoire donnerait presque le vertige : depuis 46 ans, date de sa création, l’orchestre a exploré plus de 1200 œuvres, sillonné plus de pays que n’importe quel autre orchestre et collaboré avec les plus grands solistes (Daniel Barenboïm, , Isaac Stern, Luciano Pavarotti, Placido Domingo et ). Emblématique et référence incontournable au Royaume-Uni, il est choisi pour inaugurer le Queen Elizabeth Hall de Londres, pour célébrer la cérémonie de mariage de son protecteur HRH le Prince de Galles en la Cathédrale Saint Paul ainsi que pour animer le concert de gala de son 50ème anniversaire.

Jusqu’à sa mort en 1976, Benjamin Britten, premier protecteur de l’orchestre, aura une influence décisive sur l’orchestre qui entretient par la suite une longue relation avec Daniel Barenboïm. Cette collaboration correspond à une période de gloire pour l’orchestre qui interprète et enregistre l’intégrale des Concertos de Mozart chez EMI. Spécialiste de Mozart, l’orchestre enregistre dans les années 80 sous la direction de Jeffrey Tate l’ensemble des symphonies du compositeur, les dernières symphonies de Haydn ainsi qu’un nouveau cycle de Concertos de Mozart. Les années 90 seront l’occasion de fêter le 200ème anniversaire de la mort de Mozart au long d’une mémorable série de 21 concerts au Centre Barbican de Londres. L’ECO continue, par la fascination qu’il exerce, d’attirer les meilleurs musiciens actuels ; , , , et l’ont récemment accompagné en tournée ou lors de son unique série de “festivals sur l’eau”, des croisières musicales au succès fou. Parallèlement à ses tournées en Europe et cette année en Amérique du Sud, l’orchestre poursuit sa résidence à Bristol et sa série de concerts au nouveau Cadogan Hall et au Wigmore Hall de Londres. L’ECO est en outre fier de son programme d’aide « Close encounters » (Rencontres de proximité) qui vise à introduire la musique dans les écoles et les communautés du Royaume-Uni et d’outre-mer. »

 

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