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Montpellier. Opéra Berlioz, le Corum. 18-VII-2006. Sir Edward Elgar (1857-1934) : Introduction et allegro pour quatuor à cordes et orchestre à cordes op. 47. Félix Mendelssohn (1807-1847) : Concerto pour violon et orchestre no 2 en mi mineur op. 64. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : The Lark ascending. Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie no 6 en ut majeur D589. Hilary Hahn, violon. English Chamber Orchestra, direction  : Roy Goodman.

Festival de Radio-France et Montpellier 2006

Marier les productions classiques de Schubert et Mendelssohn aux ouvrages des maîtres anglais Elgar et Vaughan Williams, tel était le pari relevé par la programmation de ce concert du 18 juillet dernier. Ainsi la première partie couplait l’introduction et allegro d’Elgar au concerto pour violon et orchestre en mi mineur de Mendelssohn.

L’œuvre d’Elgar doit sa formation atypique au concerto grosso baroque, et en cela elle montre un respect de la tradition, voire une rigueur conservatrice qui sont autant de dénominateurs communs avec le concerto de Mendelssohn. En dépit de l’équilibre de l’ dirigé par un jovial et élancé, l’œuvre ne retint qu’en partie l’attention de l’auditoire, sans doute perplexe devant l’imposante fugue qui conclut l’œuvre. Il est difficile de conjuguer fugue et romantisme, n’est pas César Franck qui veut. Cependant, l’orchestre, cadré et aéré, s’est fait immédiatement sentir comme la phalange idéale pour accompagner la très attendue . A l’exception de quelques problèmes acoustiques (la violoniste était sise derrière le chef, du point de vue du public, ce qui compromettait la perception de son jeu), l’exécution du concerto fut irréprochable, à commencer par la tenue de la soliste – en parfait accord avec l’éclairage tricolore de la salle.

, c’est la définition d’un violon résolument moderne. Sont proscrits les effusions sentimentales, les portamenti langoureux ou le vibrato surdéveloppé : l’expression est supplantée par l’énergie. L’impact, la dynamique, l’électricité du son sont les seuls moteurs du discours. Implacabilité de la technique, flexibilité de la mécanique, précision de l’attaque, assurance du geste, et voilà un charisme neuf et rutilant, qui ne doit rien à la mystification de l’artiste iconoclaste. Cette stratégie de jeu mérite qu’on s’y intéresse, car elle fait des miracles non seulement dans les œuvres de facture classique, mais également dans tout autre répertoire.

Le poème concertant The lark ascending (enregistré par la soliste de cette soirée l’année passée) ne pouvait être plus limpide et léger ; rien n’entravait la fluidité des mélismes déployés sous l’archet de la violoniste, et l’incœrcible ascension de l’alouette ici allégorie de l’ataraxie a sensiblement touché un public devenu silencieux. Soucieuse de ne pas rompre la cohérence du programme, Hilary Hahn n’a donné qu’un seul bis – l’Andante de la Sonate no2 de Bach – dénominateur commun à l’ensemble du concert, pont idéal entre Vaughan Williams et Schubert.

La Symphonie no 6 concluait la soirée, mais on regrette qu’elle fut un point final un peu long, victime de ses redondances… L’ n’est pas à mettre en cause, seulement l’œuvre rappelait à la réalité ceux que The lark ascending avait arrachés à leur condition…

Crédit photographique : © Kasskada/DG

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