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La Damnation de Faust par Jean-Claude Casadesus

À emporter, CD, Opéra

Hector Berlioz (1803-1869) : La Damnation de Faust. Michael Myers, Faust ; Alain Vernhes, Méphistophélès ; Marie-Ange Todorovitch, Marguerite ; René Schirrer, Brander ; Slovak Philharmonic Choir (chef de chœur : Jan Rozehnal). Orchestre National de Lille, direction : Jean-Claude Casadesus. 2 CD Naxos 8. 660116-17. Enregistrement en public au Nouveau Siècle, Lille les 04 et 05 novembre 2003. Notice en français, allemand et anglais. Durée : 2h03.

 

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Après la Symphonie fantastique, les Nuits d’été, les cantates pour le Prix de Rome et l’Enfance du Christ, la discographie berliozienne de l’ s’étoffe avec cette nouvelle version de la Damnation de Faust parue chez Naxos, qui réunit une distribution de premier ordre.

Faust est un rôle difficile, dans lequel Michael Myers est presque idéal : le timbre n’est pas très beau, un peu gris, mais il capte l’oreille. Le chant est fluide et élégant, et si l’aigu est un peu serré, médium et grave sont superbement maîtrisés. Le chanteur a une pointe d’accent britannique, mais la diction est des plus soignées, il est toujours facilement compréhensible, et il trouve le ton juste pour son personnage : las et circonspect, mais aussi fiévreux et emporté. Dans Berlioz comme dans Gounod, est un des grands titulaires du rôle de Méphistophélès, auquel il apporte un chant fin et ardent, un français d’une tenue miraculeuse, et une interprétation distanciée et réfléchie, toute en ruses et en préméditation. est également en pleine gloire. L’aigu ne se déploie pas toujours avec aisance, et le timbre est un peu sombre pour un rôle de jeune fille, mais il est d’une grande richesse et d’une sensualité irrésistible, et elle chante sa partie avec l’abandon et la candeur nécessaires dans un « d’amour l’ardente flamme » de toute beauté.

Maître d’œuvre, donne dans ce disque une véritable leçon de style berliozien, conjuguant souffle romantique et ardeur démoniaque, clarté et précision rythmique. Dirigeant un orchestre en parade, acéré et précis, il s’enflamme souvent, mais garde toujours la tête froide, menant les épisodes militaires et choraux avec fracas et fermeté mais aussi un bon goût jamais démenti, dessinant le Menuet des feux follets avec une légèreté de trait admirable, et soutenant Marguerite avec amour et tendresse.

Le Chœur Philharmonique Slovaque chante très bien, avec autant de brio que de cohésion, mais il n’est pas francophone, et cette lacune se traduit tout simplement par des interventions qu’il est difficile de comprendre sans un effort de concentration intense. Dommage, car cet enregistrement rate dès lors de peu la perfection. Il prend néanmoins place en tête de la discographie de l’œuvre, par son éclat général et pour l’attention extrême accordée au français, chose bien trop rare à notre époque.

Proposé au prix Naxos, cet album a toutes les chances de devenir, après les Chants d’Auvergne de Canteloube, un nouveau grand succès discographique pour l’orchestre nordiste.

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