Un Lac des Cygnes du Kirov… pour l’excellence du corps de ballet

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Pyotr Ilyitch Tchaikovsky (1840-1893) : Le Lac des Cygnes. Chorégraphie  : Lev Ivanov, Konstantin Sergeyev, d’après Marius Petipa. Mise en scène  : Igor Ivanov. Lumières : Peter Mumford. Costumes : Galina Solovyova. Avec Yulia Makhalina, Odette-Odile ; Igor Zelensky, le Prince Siegfried  ; Eldar Aliyev, Rothbart. Corps de Ballet du Théâtre Mariinski. Orchestre du Théâtre Mariinski, Direction musicale : Viktor Fedotov. Réalisation : Colin Nears. Enregistré au Théâtre Mariinski en décembre 1990. 1 DVD Warner Music Vision 9031-73829-2. Notice en anglais. Zones : 2-3-4-5. Durée : 115 minutes.

 


Le Lac des Cygnes est l’œuvre du ballet russe classique par essence. Qui ne connaît quelques mélodies émaillant la partition sublime de Tchaikovsky ? Ce n’est pas pour autant l’assurance que tous les danseurs russes soient les meilleurs à pouvoir danser ce ballet. Pour quelle raison avoir enregistré Yulia Makhalina et Igor Zelensky, alors que ces deux danseurs ne sont en rien révolutionnaires, et que l’on parvient même à s’ennuyer avec une œuvre qui ne s’y prête pourtant pas ? Yulia Makhalina est bien raide pour interpréter ce rôle, les bras ne sont pas aussi travaillés que nombre de ses consœurs. Il y manque une bonne dose de lyrisme et c’est tout en force qu’elle s’évertue de donner forme au Cygne Blanc, qui manque singulièrement de poésie. La contrepartie est qu’elle est meilleure en Odile, le Cygne Noir, avec un peu d’agressivité dans les pas qui n’est pas toujours du meilleur effet ; le monstrueux rôle est à peine effleuré dans sa caractérisation et sa difficile variation de l’Acte III est tout juste scolaire.

Igor Zelensky, en-dehors du fait que cette version du Kirov laisse un peu le danseur sur le côté de la scène, en lui offrant juste deux variations, ne manque pas de brio et de force, mais le travail n’est pas très propre, et le travail des jambes est trop brouillon. Et ce n’est pas parce qu’il saute haut qu’il peut se permettre quelques approximations techniques. Très certainement le public russe apprécie autre chose que le public plus habitué à l’école franco-italienne. De ce côté de l’Europe, en tout cas, un enregistrement aussi rébarbatif n’aurait même pas été envisagé.

Et cependant, pour une seule chose on se damnerait, l’excellence du corps de ballet. Pas un bras plus haut que l’autre, des lignes coupées au cordeau, un très joli travail d’ensemble que nous ne verrons pas de sitôt dans d’autres compagnies de renommée mondiale.

Alors, pour racheter cette version dont on peut largement se passer, on attendra la version que l’Opéra de Paris sortira pendant le courant de l’automne 2006. Ou bien, même si la version Sergeev peut parfois exaspérer par son manque de psychologie et le côté niais de la chorégraphie (le premier acte…), un nouvel enregistrement du Mariinski, issu des représentations de la saison 2005-2006, doit être commercialisé d’ici peu. Espérons que nous pourrons n’en dire que du bien, ce qui ne sera pas difficile après ce qu’il nous a été donné de voir avec ce DVD.

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