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Philippe Herrewegue dirige Bruckner

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Anton Bruckner (1834-1896) : Symphonie n° 4 « Romantique » (version 1878/1880). Orchestre des Champs-Élysées, direction : Philippe Herreweghe. 1 CD Harmonia Mundi. Réf. : HMC 901921. Enregistré en octobre 2005 à l’Auditorium de Dijon. DDD. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 64’42

 

Disons-le d’entrée de jeu : grande est la déception à l’écoute de cette Symphonie n° 4 dite Romantique d’. Si l’on garde à l’esprit les prestations discographiques des grands devanciers (on pense notamment à Eugen Jochum, Karl Böhm, Bruno Walter, sans parler de Hans Knapperbusch), la présente lecture apparaît cruellement ténue, sage et sans relief. Le monde sonore conçu par Bruckner exige des effectifs étoffés, une densité musicale intense, un équilibre idéal entre les pupitres bien plus subtil et irremplaçable qu’il n’y paraît superficiellement. Or, le parti pris de légèreté et de décantation de et de l’ nous éloigne de l’essence même de la symphonie brucknérienne. Le tissu sonore, par trop transparent, accentue davantage encore l’abandon de l’authentique dramatisme de cette partition extraordinairement prégnante. Si le renoncement aux lourdes formations a fait merveille pour l’œuvre d’un Vivaldi par exemple, chez Bruckner il s’agit d’un terrible contresens, vidant de sa substance la démarche spirituelle du Maître de Saint Florian. Prenons un exemple caractéristique. Dans le quatrième et dernier mouvement, Bewegt, doch nicht zu schnell, la palette expressive subit une compression drastique, la masse sonore se trouve décantée à l’excès et l’acmé du crescendo, tant attendu et si puissamment impressionnant, nous laisse un goût de vacuité inconsolable. Herreweghe, tout comme l’, appartiennent toutefois à la cohorte des artistes de haut niveau et à la probité non remise en jeu, mais, présentement, ils font simplement fausse route en dénaturant une musique de sa spécificité. De même, l’Andante, quasi Allegretto (le second mouvement) manque-t-il singulièrement de gravité, de vibrato et d’introspection, qualités que l’on est parfaitement en droit de réclamer à l’écoute de cette partition élaborée en 1878/1880. Pour recouvrer le bonheur escompté et légitime, l’on s’en retournera sans tarder vers les incontournables éblouissants et généreux de la discographie brucknérienne traditionnelle.

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Anton Bruckner (1834-1896) : Symphonie n° 4 « Romantique » (version 1878/1880). Orchestre des Champs-Élysées, direction : Philippe Herreweghe. 1 CD Harmonia Mundi. Réf. : HMC 901921. Enregistré en octobre 2005 à l’Auditorium de Dijon. DDD. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 64’42

 
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