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Gustav Holst (1874-1934) : The Planets op. 32 ; Marching Song op. 22 n°2. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : Symphonie n°4 en fa mineur. London Symphony Orchestra, direction : Gustav Holst. BBC Symphony Orchestra, direction : Ralph Vaughan Williams. 1 CD Naxos Historical. Réf. : 8111048. ADD. Enregistré entre juin et octobre 1926 au Columbia’s Large Studio, Petty France, Londres (Holst) et le 11 octobre 1937 au Studio n°1, EMI Abbey Road, Londres (Vaughan Williams). Notice unilingue (anglais) excellente. Durée : 75’42’’.

 

Le compositeur (1874-1934) ne pouvait rendre plus bel hommage musical au système solaire que par l’achèvement en 1916 de son œuvre maîtresse, Les Planètes, suite symphonique en sept parties – Pluton, ne devant être découverte qu’en 1930, n’en fait évidemment pas partie. Il donna à son chef-d’œuvre très contrasté et coloré des connotations psychologiques relatives au caractère de chaque planète dont l’équivalent se retrouve dans la mythologie gréco-romaine. Mars, « qui apporte la guerre », composé de façon prémonitoire peu avant le premier conflit mondial, reflète par son ostinato agressif à cinq temps la stupidité de la guerre ainsi que ses horreurs, selon les propos de Holst à Sir Adrian Boult ; Vénus « qui apporte la paix » lui apporte un contraste apaisant. Saturne « qui apporte la vieillesse » est censé être le mouvement favori du compositeur, tandis que Neptune « le mystique » demeure peut-être le plus original et personnel, par son mysticisme précisément, que souligne la présence irréelle d’un chœur féminin sans paroles, allusion très nette aux sirènes ondoyantes, et aussi probablement réminiscence de la partition que Debussy leur avait déjà consacrées dans le troisième volet de ses Nocturnes (1899)… Pour combler l’autre face du disque contenant le bref Mercure (« le messager ailé »), Holst grava le Chant de marche, n°2 des Deux Chants sans Paroles op. 22, courte page influencée par le folksong anglais, et dédiée à , ce qui sur ce CD en fait l’idéale transition vers l’œuvre de notre second compositeur britannique.

Lorsque , petit-neveu de Charles Darwin et fils d’un pasteur, présenta au public sa Symphonie n°4 en avril 1935, il était clair qu’il voulait s’orienter vers d’autres domaines que ceux exposés dans ses trois premières symphonies : il faut bien constater qu’une période de douze années s’était écoulée depuis la Symphonie n°3 dite « Pastorale », et cette Symphonie n°4 est d’une vigueur, d’une conviction et d’une richesse d’idées remarquables, en plus d’un humour typiquement britannique (les « oumpah » des cuivres dans le Finale !) qui la mettent à part dans la production symphonique du musicien. Tout comme pour Les Planètes de Holst, il serait évidemment tentant d’évoquer l’approche de la guerre pour « justifier » les dissonances parsemées dans cette Symphonie n°4, ainsi que la désolation de son deuxième mouvement Andante, mais tout ceci ne sont que des considérations a posteriori, et il serait probablement plus juste de dire que cette musique est le témoignage de l’introspection d’un compositeur constamment à la recherche de son idéal de créateur, ayant toujours quelque chose de nouveau à dire et à bien le dire.

Avoir ces pages dirigées par leurs compositeurs, musiciens d’une telle intelligence et d’une telle sensibilité, est une véritable bénédiction ! Holst cisèle ses œuvres avec beaucoup de sensibilité et bien loin des outrances auxquelles sa musique peut prêter chez bien des chefs modernes en mal d’éclat spectaculaire. Vaughan Williams, lui, prend sa partition à bras le corps, à la limite parfois des possibilités orchestrales ; sa vision sans concession, péremptoire et toujours actuelle de la Symphonie n°4, reste celle à laquelle tous les autres interprètes sont irrémédiablement confrontés. Les transferts ont été bien améliorés par rapport à leur ancienne publication chez Koch (3-7018-2, qui en outre omettait le Chant de marche) ; sachant qu’ils sont effectués par ce magicien qu’est l’ingénieur du son Mark Obert-Thorn, c’est-à-dire avec honnêteté et respect absolu des gravures originales et des œuvres qu’elles contiennent, on se rend compte que ce ne sont pas seulement des documents sonores d’une immense importance historique, mais également des merveilles d’interprétation auxquelles il sera dorénavant toujours possible de se référer, grâce à la magie éternelle du CD.

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Gustav Holst (1874-1934) : The Planets op. 32 ; Marching Song op. 22 n°2. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : Symphonie n°4 en fa mineur. London Symphony Orchestra, direction : Gustav Holst. BBC Symphony Orchestra, direction : Ralph Vaughan Williams. 1 CD Naxos Historical. Réf. : 8111048. ADD. Enregistré entre juin et octobre 1926 au Columbia’s Large Studio, Petty France, Londres (Holst) et le 11 octobre 1937 au Studio n°1, EMI Abbey Road, Londres (Vaughan Williams). Notice unilingue (anglais) excellente. Durée : 75’42’’.

 
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