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Caroline Fischer, déjà tout d’une grande

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Franz Liszt (1811-1886) : La Campanella ; Réminiscences du Don Juan ; Rhapsodie hongroise n° 13. Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonate en ré mineur K141. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate en la mineur K310. Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, extraits (Les fées sont d’exquises danseuses ; Général Lavine-excentric ; Feux d’artifices). Rodion Chtchedrine (né en 1932) : Basso ostinato. Frédéric Chopin (1810-1849) : Etude en do majeur op. 10 n°1. Caroline Fischer, piano. 1 CD Genuin GEN 86068. Enregistré dans la salle Mendelssohn du Gewandhaus, Leipzig, du 14 au 16 janvier 2006. Notice bilingue (anglais, allemand). Durée : 67’55’’

 

Dès les premières mesures de La Campanella de on est fixé sur la qualité du jeu de l’interprétation de la jeune pianiste (21 ans) au parcours déjà très étoffé. La suite du programme confirme l’impression première. Voici assurément une exceptionnelle artiste.

Engagée, tonique et sensible, ne lésine pas, assure et assume sa lecture équilibrée et en tout point respectueuse de l’esprit et de la lettre des compositeurs abordés. La Sonate en ré mineur K141de Scarlatti reçoit le relief et la vélocité qu’elle réclame naturellement. Les accords martelés et les ruptures abruptes conviennent parfaitement au Basso ostinato que le compositeur composa en 1961 et où percent les influences de Prokofiev et de Stravinsky. Le toucher raffiné et limpide de Caroline Fischer dans l’Etude en do majeur op. 10 n°1 de laisse espérer d’autres développements discographiques de ce côté. Une lecture habitée, juste et suffisamment juvénile (mais sans mièvrerie) caractérise son approche du piano mozartien. La Sonate en la mineur K310 (1778) est criante de vérité. Son Allegro initial chantant et retenu contraste dignement avec l’Andante cantabile con espressivo qu’elle dépouille à propos de tout mystère afin d’aboucher, comme naturellement et sans solution de continuité, sur le final, Presto, enjoué, vif et admirablement construit. De Claude Debussy, elle a choisi d’interpréter trois des Préludes du livre II (1913) où sa connivence avec l’esprit du maître français s’impose sans ambages, attentive aux couleurs, aux articulations et aux jaillissements rythmiques comme par exemple dans Feux d’artifices (n° 12). Caroline Fischer rend justice à toutes ces esthétiques si distinctes les unes des autres. Peut-être manque-t-il ici ou là un soupçon d’introspection et de lyrisme, sans pour autant que ses options n’obèrent en rien le plaisir non feint de l’écoute.

Manifestement, et dès à présent, Caroline Fischer à tout d’une grande.

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