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Kurt Masur et le LPO, une mécanique bien rodée ?

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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 18-X-2006. Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n°4 en ré mineur, Op. 120. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5 en ré mineur, Op. 47. London Philharmonic Orchestra, direction : Kurt Masur.

Fidèle de la Société Philharmonique de Bruxelles qui l’invite en moyenne une fois toutes les deux saisons, le London Philharmonic se présentait avec son directeur musical actuel : le vétéran . Le public bruxellois si prompt à bouder les belles affiches proposées par les orchestres de son pays, remplissait en masse les travées du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour s’enivrer d’un programme assez bref et convenu dont le seul mérite était de célébrer les anniversaires Schumann et Chostakovitch en opposant deux symphonies à la tonalité identique.

Intégraliste des symphonies de Schumann pour le label Teldec avec ce même LPO, le géant allemand donne une interprétation parfaite de cette symphonie. Les équilibres, les dynamiques, la progression sont gérés par un maestro qui connaît les moindres recoins de cette pièce. La symbiose avec les musiciens est totale et le chef se permet, à plusieurs reprises, de ne plus donner d’indications, laissant ses solistes dialoguer. L’orchestre fait bonne impression : écoute mutuelle, cohésion, dynamique…mais on regrette une absence totale de personnalité sonore dans un jeu techniquement et musicalement parfait mais auquel il manque le petit plus nécessaire pour créer l’émotion.

Après l’entracte, les musiciens et le chef se lancent dans la plus populaire des symphonies de . Fidèle de ces fresques symphoniques depuis ses années au Gewandhaus de Leipzig où il les exécuta en présence du compositeur, offre une vision tendue mais distanciée de la partition. Les premier et troisième mouvements sont bien menés avec un zeste de froideur, reproche surtout valable pour le superbe mouvement lent. Les autres parties de la pièce sont assez problématiques. L’Allegretto sonne de manière appuyée sans humour, ni ironie grinçante. Le dernier mouvement est pris dans un tempo lent, le chef impose une majestueuse tension refusant tout effet littéralement grandiloquent pour donner l’impression d’une fausse joyeuseté de cette partie. L’orchestre londonien est encore musicalement parfait en dépit de cette même avarice de timbres, sans compter qu’habitué à dompter l’acoustique redoutable du London Festival Hall, il se laisse un peu aller en matière de forte.

Crédit photographique : © DR

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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 18-X-2006. Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n°4 en ré mineur, Op. 120. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5 en ré mineur, Op. 47. London Philharmonic Orchestra, direction : Kurt Masur.

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