Le LSO, Gardiner et Andsness, une mécanique bien rodée ?

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 07-XI-2006. Bohuslav Martinů (1890-1959) : Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales H. 217. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°27 en sol majeur KV 453 (cadences originales). Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°8 en sol majeur op. 88 B. 163. Leif Ove Andsnes, piano ; London Symphony Orchestra, direction : John Eliot Gardiner.

Quelques semaines après le London Philharmonic Orchestra (lire ici la chronique de ce concert), c’est au tour du prestigieux de faire l’une de ses fréquentes visites à Bruxelles. Force est de constater que si le LPO ne possède aucune personnalité sonore particulière, il existe une griffe LSO : une palette de nuances qui commence au mezzo-forte pour exploser dans les forte, une dynamique impressionnante, une perfection technique dans les moindres détails, un son assez mat et une articulation extrêmement tranchante chez les cordes.

Le commentateur était donc impatient d’entendre la phalange anglaise dans un beau programme bien équilibré et assez cohérent. Composé en 1938, le Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales, est une partition tendue, aux climats noirs, témoignage du contexte historique de ces années. D’emblée, la qualité technique du frappe l’oreille, d’autant plus que Gardiner se limite à une lecture au premier degré, d’une assez redoutable efficacité. Invité concertant de grand prestige, Leif Ove Andness déçoit un peu dans le Concerto pour piano n°17 de Mozart fort bien construit mais trop linéaire et avare de sentiment et de rondeur. Le jeu cristallin et mat du soliste se marie à merveille aux sonorités vives et grisées de l’orchestre conduit stylistiquement de main de maître par le chef d’orchestre. Mais au final, on a la curieuse impression d’assister à une expérience d’interprétation dont toute tendresse ou épanchement sentimental était banni.

La seconde partie confrontait la culture anglo-saxonne de Gardiner avec les suavités tchèques de la très pastorale Symphonie n°8 de Dvořák. Dans des tempi modérés, Gardiner peine à unifier les différents thèmes des quatre mouvements, le résultat apparaissant plus comme une séance de diapositive des trésors naturels tchécoslovaques que comme une interprétation élaborée et construite. Ces deux défauts nous semblant aggravés dans les mouvements pairs. Visiblement heureux de se défouler dans une partition magnifiquement écrire et orchestrée, les pupitres du LSO s’ébrouent avec joie et bonne humeur, tout en se laissant un peu trop aller dans les passages forte dont un final parfois à la limite du trivial. Visiblement contents d’eux, chef et musicien saluent ensuite avec enthousiasme un public bruxellois attentif et heureux.

Crédit photographique : © DR

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