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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonates pour piano en ut majeur K. 279  ; en fa majeur K. 280  ; en si bémol majeur K. 281. Robert Levin, pianoforte. 1 CD Deutsche Harmonia Mundi 82876 84237 2. Enregistré du 25 au 27 novembre 2005. DDD. Texte de présentation (très intéressant, de Robert Levin) en allemand, anglais et français. Durée : 54’56.

 

Serions-nous arrivés, enfin, à l’ère du classicisme dans l’interprétation sur instrument d’époque ? Après tant de musiciens qui semblent confondre Mozart avec une sorte de Vivaldi sous amphétamines – les mêmes, souvent, qui jouent Vivaldi comme les Pogues – et ceux qui nous font de la techno sur pianoforte, voici, enfin, tout simplement, un disque de musique : naturel, vivant, techniquement parfait, réfléchi.

ne croit pas qu’il suffit d’être à rebours de la tradition pour faire « authentique » et ne cherche pas à être original à tout prix – cette plaie de l’interprétation « d’époque ». On sent que cette approche résulte d’une étude approfondie des partitions, ce dont témoigne l’analyse des œuvres très précise proposée dans la plaquette, et d’une compréhension intime des ressorts de la musique comme du style. Le respect du texte est absolu, et la vie de l’interprétation naît de la variété des accents, de tempi allants et naturels, de l’imagination des reprises variées, et non d’une quelconque trituration égocentrique. La musique, du coup, s’écoule avec une grande souplesse, dans une succession d’émotions esquissées mais jamais exagérées, parcourues d’un dramatisme léger, parfois ironique, parfois sincère – bref, du Mozart.

Ajoutons à cela que le pianoforte est une belle copie de Stein par Thomas McCobb, à la sonorité claire et chantante, qui ne cartonne et ne zingue jamais. Seul défaut, le disque est tout de même très court ; moins de cinquante-cinq minutes, c’est bien peu pour un disque à prix fort, et les premières sonates pour piano seul d’un Mozart de dix-neuf ans ne sont pas ses plus personnelles. Mais il s’agit du premier volume d’une intégrale qui, si elle se maintient à ce niveau de qualité, promet fort de devenir une belle référence.

Mélange de rigueur et de liberté, ce disque est peut-être le pendant sur instrument baroque de l’approche d’un Edwin Fischer : le naturel, l’esprit, la joie, mais aussi la rigueur de la construction et du jeu, bref, le style classique. Un disque pour tous ceux qui aiment les instruments anciens – sans adorer toujours les outrances « baroqueuses ».

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonates pour piano en ut majeur K. 279  ; en fa majeur K. 280  ; en si bémol majeur K. 281. Robert Levin, pianoforte. 1 CD Deutsche Harmonia Mundi 82876 84237 2. Enregistré du 25 au 27 novembre 2005. DDD. Texte de présentation (très intéressant, de Robert Levin) en allemand, anglais et français. Durée : 54’56.

 
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