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Ilan Volkov, tambour battant

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Dijon. Auditorium, 1-XII-2006. Jean Sibelius (1865-1957) : Finlandia. Bela Bartók (1881-1945) : Le mandarin merveilleux. Hector Berlioz (1803-1869) : Suite de Romeo et Juliette. Orchestre de Paris. Direction : Ilan Volkov.

L’ et son jeune chef ont été acclamés par le public de l’Auditorium de Dijon pour ce programme séduisant et ambitieux. En entrée le poème symphonique de Sibelius opus 26, Finlandia, pièce romantique épique qui symbolise l’éveil du sentiment national de la Finlande en 1899. La fougue et la jeunesse de , qui remplace Esa-Pekka Salonen initialement prévu, ont fait merveille : on reçoit cette œuvre en plein estomac ! Les sonorités des cordes dans leur tessiture grave, l’impétuosité des cuivres, le dynamisme des percussions ont comblé nos oreilles et satisfait nos yeux. Bravissimo !

En plat de résistance, le Mandarin merveilleux de Bartók, pantomime achevée par le compositeur en 1924. Œuvre âpre et violemment expressionniste, très condensée dans son récit, elle offre bien des similitudes avec le Sacre du printemps, que ce soit sur le plan de la rythmique ou sur celui du folklore revisité. L’interprétation de l’ insiste sans doute davantage sur l’aspect brutal, qui existe bien dans l’œuvre, que sur les passages plus séducteurs ; c’est un choix défendable. Comme l’on regrette que la performance soit si courte, c’est bon signe.

Après l’entracte, un gros dessert pourtant bien délicat, style mousseline de fruits, Roméo et Juliette (1839). Le compositeur shakespearolâtre trouve dans l’argument de quoi assouvir toutes ses sources d’inspiration romantiques : l’amour innocent, la haine implacable qui conduit à la mort, l’expression du domaine caché des rêves. L’interprétation des œuvres de Berlioz est toujours très délicate, car elles sont faites d’enchaînements contrastés : son écriture conçue pour l’orchestre demande de l’exaltation, mais aussi de la retenue, de la virtuosité, et encore de la langueur. Cette version ne nous a peut-être pas offert tout cela, car les bois ont parfois manqué de lyrisme et les contrastes auraient pu être plus appuyés. Le scherzo de la reine Mab ressemble fort à un piège à orchestre : construit comme un puzzle de sonorités, il est très difficile à mettre en place, et nous a paru cette fois un peu scolaire et appliqué.

a trente ans, et visiblement il possède des qualités qui l’ont déjà amené à diriger de grandes et prestigieuses formations, telles l’orchestre de Cleveland ou celui du Festival de Glyndebourne. Comme en témoigne le travail qu’il a réalisé avec la superbe voiture de course qu’est l’orchestre de Paris, il semble vraiment appelé à une brillante carrière.

Crédit photo Keth Saunders

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