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Paris. Cité de la musique. 8-XII-2006. Betsy Jolas (née en 1926) : La nuit m’est courte ; Arbres ; Et le reste à l’avenant ; Autres enfantillages, ou l’Art d’être grand-mère ; Quatuor VI avec clarinette ; Für Célia affetuoso ; Chant dormant-Dormant chant ; Quatuor IV « Menus Propos ». Roland de Lassus (1532-1594) : Cantiones sine textu ; Prophéties des Sibylles ; Ô doux parler ; O la, O che bon eccho. Solistes de Lyon-Bernard Tétu : Myriam Lacroix-Amy, Kiyoko Okada, sopranos ; Thi-Lien Truong, Sophie Delaplane, altos ; Jean Klug, Eric Trémolières, ténors ; Guy Lathuraz, Philippe Bergère, basses ; Musiciens de l’Orchestre National de Lyon : Haruyo Tsurusaki, Sébastien Plays, violons ; Seungeun Lee, alto ; Vincent Falque, violoncelle ; François Sauzeau, clarinette ; direction : Bernard Tétu.

Portraits croisés :

A l’occasion du 80ème anniversaire de , la Cité de la musique rend hommage à cette élève d’ et de . L’intitulé du deuxième concert « Portrait croisé : Jolas/Lassus » pouvant surprendre le néophyte de prime abord s’est révélé être la concrétisation, l’aboutissement de l’émerveillement porté par la compositrice à ce maître de la Renaissance.

C’est d’ailleurs en personne qu’elle vint présenter son concert, relatant sa « rencontre » avec la musique de Lassus lors d’un concert en 1941, alors qu’elle n’avait que 14 ans, nous faisant partager son affectueuse admiration pour les œuvres choisies. Elle souhaita articuler ces « portraits croisés » en trois chapitres, selon ses propres mots.

Trois œuvres de jeunesse (La nuit m’est courte, Arbres, Et le reste à l’avenant), des madrigaux de quatre à six voix, datant des années 1950, ouvraient ce triptyque. Elles étaient suivies d’un arrangement pour violon et clarinette des Cantiones sine textu de Lassus, pièces ne comportant à l’origine aucune indication d’exécution.

Le deuxième chapitre nous faisait découvrir une autre Betsy Jolas, celle de la maturité. Autres enfantillages, ou l’Art d’être grand-mère pour chœur à trois voix et clarinette (2000), évoque le même monde que ses premiers Enfantillages dédiés à sa fille en 1955. Le Quatuor VI avec clarinette (1997) témoigne des préoccupations déjà présentes dans son Quatuor II, pour soprano colorature et trio à cordes (1964) ; l’association de trois instruments de la même famille à un instrument foncièrement différent, à l’image des quatuors pour flûte ou hautbois et cordes du XVIIIème.

Les deux chœurs à huit voix groupés sous le titre bilingue Chant dormant-Dormant chant (2000), qui deviendront les mouvements III et IV du Concerto-Fantaisie « O Night, oh… » pour piano et chœur, ouvraient le dernier volet de ce concert. Le Quatuor IV « Menus Propos », composition en cinq mouvements de 1989, dont l’exécution n’excède pas trois minutes n’est pas sans rappeler l’aphorisme webernien. Le concert s’achevait avec deux « dialogues » à huit arrangés pour chœur et quatuor à cordes ; Ô doux parler et O la, O che bon eccho de Lassus. Ces pièces figuraient au programme du concert qui avait tant marqué la jeune Betsy Jolas, alors choriste.

L’investissement des solistes de Lyon- ont pu compenser le manque de conviction et d’enthousiasme du quatuor à cordes, qui semblait ne pas trouver sa place voire son utilité dans les transcriptions avec chœur. Les deux quatuors de Betsy Jolas n’y auront d’ailleurs pas suffit. Mais la justesse de l’interprétation et le plaisir communicatif du clarinettiste François Sauzeau et du chœur ne défaillent pas un seul instant. Le duo violon/clarinette dans l’arrangement des Cantiones sine textu restituent avec goût toute la richesse d’invention, notamment rythmique, de ces pièces appelées originellement ricercar. Le chœur réussi à nous envoûter et nous ressortons charmés par cette rencontre intemporelle…

Crédit photographique : © M. Kapriélian

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Paris. Cité de la musique. 8-XII-2006. Betsy Jolas (née en 1926) : La nuit m’est courte ; Arbres ; Et le reste à l’avenant ; Autres enfantillages, ou l’Art d’être grand-mère ; Quatuor VI avec clarinette ; Für Célia affetuoso ; Chant dormant-Dormant chant ; Quatuor IV « Menus Propos ». Roland de Lassus (1532-1594) : Cantiones sine textu ; Prophéties des Sibylles ; Ô doux parler ; O la, O che bon eccho. Solistes de Lyon-Bernard Tétu : Myriam Lacroix-Amy, Kiyoko Okada, sopranos ; Thi-Lien Truong, Sophie Delaplane, altos ; Jean Klug, Eric Trémolières, ténors ; Guy Lathuraz, Philippe Bergère, basses ; Musiciens de l’Orchestre National de Lyon : Haruyo Tsurusaki, Sébastien Plays, violons ; Seungeun Lee, alto ; Vincent Falque, violoncelle ; François Sauzeau, clarinette ; direction : Bernard Tétu.

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