Concerts, La Scène, Musique symphonique

Alexandre Kobrin, Cédric Tiberghien, les Pianos du Nouveau Siècle

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Lille. Nouveau Siècle, Auditorium. 09-XII-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°20 en ré mineur KV 466 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°5 en mi bémol majeur « L’Empereur » op. 73. Alexandre Kobrin (Mozart), Cédric Tiberghien (Beethoven) : piano. Orchestre de Bretagne, direction : Jean-Bernard Pommier (Mozart), Jean-Claude Casadesus (Beethoven).


Pour assurer l’accompagnement des nombreux concertos présentés durant les trois jours des Pianos du Nouveau Siècle, l’Orchestre National de Lille était bien entendu largement employé, mais on a également fait appel à l’Orchestre de Bretagne. C’est lui que nous entendons pour ce concert, proposant en première partie dans le Concerto n°20 de Mozart. Kobrin a 26 ans, est originaire de Moscou, et a remporté les concours Busoni en 1999 et Van Cliburn en 2005.

Le concerto débute par une introduction orchestrale dirigée par de façon très retenue et détaillée, lourde de menaces malgré son apparence feutrée, dans laquelle vient s’insérer un piano un rien timide. Korbin est un pianiste au jeu propre, au toucher fin et à la sonorité brillante, mais qui est un peu mécanique et neutre de ton dans ce premier mouvement. Son toucher délicat est bien adapté à la romanze, caressante et poétique, dont l’intermède central ne manque pas de nerf, et dont la fin est illuminée par des phrasés souples, au rubato discret mais efficace. Le soufflé ne retombe pas dans le finale : Kobrin le mène avec une assurance assez hautaine, et une redoutable efficacité digitale. Kobrin manque un peu d’imagination, mais ce Mozart tiré au cordeau ne manque pas de noblesse.

On change de chef et de soliste en seconde partie, Jean Claude Casadesus venant diriger le Concerto n°5 de Beethoven, avec un pianiste qu’on n’attendait pas, , qui a accepté de remplacer Stephen Kovacevich au pied levé. L’Empereur de Tiberghien est original : de carrure apparemment fragile, il touche par sa légèreté, par des sonorités très délicates, et par des phrasés extrêmement bien conduits, nobles et élégants. Il s’entend parfaitement avec le chef, nous livrant un Adagio bucolique et merveilleusement chantant, et n’oublie pas de se montrer plus carnassier dans un Finale vigoureux et rythmé.

L’Orchestre de Bretagne fait une prestation très propre dans Mozart, mais montre ses limites (cordes raides, cors imprécis, manque de cohésion), dans Beethoven.

Le bilan de ce concert est cependant très bon dans l’ensemble, avec un Mozart un peu convenu mais sans faute de goût, et un Beethoven lyrique, frais et original.

Crédit photographique : ©

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Lille. Nouveau Siècle, Auditorium. 09-XII-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°20 en ré mineur KV 466 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°5 en mi bémol majeur « L’Empereur » op. 73. Alexandre Kobrin (Mozart), Cédric Tiberghien (Beethoven) : piano. Orchestre de Bretagne, direction : Jean-Bernard Pommier (Mozart), Jean-Claude Casadesus (Beethoven).

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