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Tannhäuser à Bayreuth 1989, suprême réalisation

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Richard Wagner (1813-1883) : Tannhäuser. Mise en scène et décors : Wolfgang Wagner. Costumes : Reinhard Heinrich. Chorégraphie : Iván Markó. Lumières : Manfred Voss. Avec : Hans Sotin, Hermann, Landgrave de Thuringe ; Richard Versalle, Tannhäuser ; Wolfgang Brendel, Wolfram von Eschenbach ; William Pell, Walther von der Vogelweide ; Siegfried Vogel, Biterolf ; Clemens Bieber, Heinrich der Schreiber ; Sándor Sólyom-Nagy, Reinmar von Zweter ; Cheryl Studer, Elisabeth ; Ruthild Engert-Ely, Venus ; Joy Robinson, un jeune pâtre ; Joy Robinson, Hannelore Weber, Ulrike Heyse, Lene Farver-Sonne, pages. Ballet Gyór, Chœur du Festival de Bayreuth, Orchestre du Festival de Bayreuth, direction : Giuseppe Sinopoli. Réalisation : Brian Large. 2 DVD EuroArts 2072008. Enregistré au festival de Bayreuth du 23 au 28 juin 1989. Sous-titrages : anglais, allemand, français, espagnol. Zone 0. Durée : 188’.

 

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Singulière expérience que celle de la confrontation avec un opéra de . Issu d’une civilisation germanique dont il est en tout point le fils, il en échafaude une autre, distincte, dont plus ou moins consciemment, il se prend à croire à la pérennité. Au plan musical, il n’est pas loin d’y être parvenu. Et, débarrassé de tous les textes parasites, de tous les propos provocateurs et venimeux… il reste une musique unique en son genre.

Le visionnage de la production de Tannhäuser donné au Festival de Bayreuth 1989 sous la direction de dans une mise en scène de relève tout simplement du miracle artistique. L’œuvre, élaborée entre 1842 et 1845 et créée à Dresde en octobre 1845, est servie par un orchestre rutilant, épais, sensuel, d’une sonorité envoûtante, envahissant chaque scène et s’imposant dès la fameuse ouverture qui reprend, résume et transcende les scènes essentielles à venir. Dans Tannhäuser les chœurs sont investis d’un rôle de premier plan et leurs interventions laissent à chaque fois de profondes impressions. Les décors ne cherchent pas à heurter, et s’intègrent idéalement à la mise en scène du petit-fils du compositeur qui opte – on ne saurait lui en faire grief – pour la continuité inspirée.

Quant aux chanteurs, ils incarnent merveilleusement leur personnage respectif, tous hauts en couleur, aux tempéraments bien dessinés, aux destins tout tracés. Le Tannhäuser de réussit à imposer ses métamorphoses douloureuses tandis que fait vivre une Elisabeth marquée au fer rouge dans sa pureté virginale par des évènements incontrôlables. Les voix de Hermann (), de Wolfram von Eschenbach () et de leurs compagnons chanteurs du tournoi de la Warburg offrent une remarquable prestation, même si l’on peut regretter de la part de Wagner un manque de variété dans leurs chants (sans doute le talon d’Achille de l’opéra). Wagner choisit un découpage plus traditionnel des scènes avec des numéros solistes et ne rejette aucunement certaines tournures italiennes. Comme souvent, l’histoire de l’opéra – son dilemme primordial – oscille entre la sensibilité et le pêché, entre le choix et le déterminisme, entre la rigidité sociale et la recherche du salut individuel, enfin entre le pardon et la condamnation… Toutes ces ambivalences à la résolution incertaine caractérisent cet opéra, inabouti pour certains, terriblement fascinant pour d’autres. Une suprême réalisation, une des plus puissantes et émouvantes que l’on puisse imaginer. Un opéra romantique incontournable à (re)découvrir toutes affaires cessantes.

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Richard Wagner (1813-1883) : Tannhäuser. Mise en scène et décors : Wolfgang Wagner. Costumes : Reinhard Heinrich. Chorégraphie : Iván Markó. Lumières : Manfred Voss. Avec : Hans Sotin, Hermann, Landgrave de Thuringe ; Richard Versalle, Tannhäuser ; Wolfgang Brendel, Wolfram von Eschenbach ; William Pell, Walther von der Vogelweide ; Siegfried Vogel, Biterolf ; Clemens Bieber, Heinrich der Schreiber ; Sándor Sólyom-Nagy, Reinmar von Zweter ; Cheryl Studer, Elisabeth ; Ruthild Engert-Ely, Venus ; Joy Robinson, un jeune pâtre ; Joy Robinson, Hannelore Weber, Ulrike Heyse, Lene Farver-Sonne, pages. Ballet Gyór, Chœur du Festival de Bayreuth, Orchestre du Festival de Bayreuth, direction : Giuseppe Sinopoli. Réalisation : Brian Large. 2 DVD EuroArts 2072008. Enregistré au festival de Bayreuth du 23 au 28 juin 1989. Sous-titrages : anglais, allemand, français, espagnol. Zone 0. Durée : 188’.

 
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