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Marin Marais – Jordi Savall, le bonheur d’une fréquentation de plus de trente ans

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Marin Marais (1656-1728) : Suitte d’un Goût Etranger, pièces de viole du IVe Livre, 1717. Jordi Savall, basse de viole, Pierre Hantaï, clavecin, Rolf Lislevand et Xavier Díaz-Latorre, guitare baroque et théorbe, Philippe Pierlot, basse de viole, Andrew Lawrence-King, harpe et Pedro Estevan, percussion. 2 SACD Alia Vox AVSA 9851 A+B. Enregistré en août et septembre 2006 à Saint-Michel en Thiérache (Aisne). Notice de 148 pages en six langues : français, anglais, castillan (espagnol), catalan, allemand et italien. Durées : 47’59 et 56’39.

 

La musique pour viole de constitue un imposant corpus de près de six cents pièces, réparties en cinq Livres publiés entre 1686 et 1725. On peut y constater une progression parallèle dans les domaines de la composition et de la technique de l’instrument requise. Mais Marais ne réserve pas sa musique aux seuls virtuoses. Ainsi, dans la préface du IVe livre, il indique qu’il en a réservé la première partie aux «personnes qui préfèrent aux Pièces Difficiles, celles qui sont aisées, chantantes et peu chargées d’accords». Quant à la deuxième, qui nous occupe ici, Marais précise qu’il en a composé les morceaux «pour exercer l’habileté de ceux qui n’aiment pas les pièces faciles et qui souvent n’ont d’estime que pour celles qui sont difficiles d’exécution». L’avertissement est on ne peut plus clair.

fait partie de la deuxième génération de musiciens qui se sont consacrés à l’étude de la musique ancienne. Violoncelliste, il a dans un premier temps joué la musique pour viole avec son instrument « moderne » avant de se lancer dans son étude au milieu des années soixante, en autodidacte d’abord puis avec August Wenzinger ensuite (le pionnier du renouveau de cet instrument).

Il y a plus de trente ans, il enregistrait déjà chez Astrée des pièces de avec Ton Koopman et Hopkinson Smith et il y a seize ans, c’est lui qui sélectionna et enregistra la musique du film d’Alain Corneau Tous les Matins du monde. C’est donc en terrain connu et avec bonheur que nous le retrouvons dans cette Suitte qu’il n’avait jamais enregistrée intégralement auparavant.

Avec son staff de cinq complices, il interprète superbement ces trente-trois pièces en veillant toujours à varier les accompagnements pour éviter la monotonie qui pourrait se dégager de la persistance d’une sorte de ronron produit par la viole (ceci dit sans méchanceté aucune). Tout au contraire, les deux disques s’écoutent d’une traite sans que l’attention baisse et les morceaux virtuoses s’enchaînent aux pièces plus calmes dans la plus grande fluidité. De la belle musique admirablement servie.

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