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Joyaux par le Ballet de Paris

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Gabriel Fauré (1845-1924) : extraits de Pelléas et Mélisande et Shylock ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Capriccio pour piano et orchestre ; Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : extraits de la Symphonie n°3 en ré majeur « Polonaise » op. 29 (mouvements 2, 3, 4 et 5). Chorégraphie  : George Balanchine. Costumes et décors : Christian Lacroix. Lumières : Jennifer Tipton. Avec les Étoiles et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre de l’Opéra National de Paris, Direction musicale : Paul Connelly. Réalisation : Pierre Cavassilas. 1 DVD Opus Arte OA 0951 D. Enregistré au Palais Garnier en octobre et novembre 2005. Menu et sous titres en anglais, français, allemand, espagnol, italien. Zones : 0. Durée : 94 minutes. Bonus : Documentaire de Reiner E. Moritz : Balanchine Forever (59 minutes).

 

Avoir l’exclusivité pour enregistrer une œuvre symbolique aussi forte que Joyaux relevait de la gageure, tant les compagnies sont nombreuses à l’interpréter et à posséder de fortes personnalités à même de rendre justice à toutes les facettes de ces trois ballets. L’importance de ceux-ci dans l’histoire de la danse n’est plus à démontrer et à chaque nouvelle occasion où une compagnie remonte ce triptyque, la curiosité est aiguisée : il y a une réelle sollicitation de danseurs aux styles différents, aux tempéraments opposés, et, au-delà du fait qu’il est ardu de réunir une distribution parfaite, il est de plus nécessaire d’y adjoindre un corps de ballet qui forme le véritable écrin aux solistes évoluant sur scène.

Pour Émeraudes, hommage à l’école française, décline un lyrisme tendre et plein de coquetterie dans la partie de la Fileuse, où sa variation nous la montre plus gracieuse que jamais. , avec l’idée que l’on se fait de la danse française d’aujourd’hui, nous fait partager une mélancolie raisonnée, que ce soit dans la Sicilienne, ou dans l’Épithalame, où elle forme un couple harmonieux avec . On sent alors la notion de la nostalgie du couple qui se connaît, qui vit ses dernières heures de quiétude avant le tourment de la vieillesse, le temps qui passe ravageant la complicité de toujours. est un peu en retrait par rapport à ce que l’on a l’habitude de voir chez cet artiste ; mais du côté masculin, l’on est éclaboussé par le bondissant , qui, en quelques dizaines de secondes, revisite la chorégraphie par une énergie toujours renouvelée et l’on regrette de ne pas le voir dans un rôle exigeant plus de caractérisation. L’ensemble est donc bien convaincant, avec un corps de ballet un peu isolé des solistes, et ne faisant pas cohésion avec ceux-ci.

Rubis s’enrichit de la présence de l’immense . Avec une technique superlative et son magnétisme irrésistible, elle instaure une véritable déferlante d’insouciance et de joie de danser et entraîne avec elle le corps de ballet dans un tourbillon de gaieté pétillante. Incontestablement inspirée des comédies musicales new-yorkaises, cette pièce fait également la part belle à un couple, ici, manquant de la folie enivrante exigée, mais séductrice en diable ; face à elle, Alessio Carbone possède ce qu’il faut de piquant et de mutin et l’on est enthousiasmé de la prestation de l’artiste.

Diamants nous fait atteindre l’apothéose. , dont il semblerait qu’elle ne soit pas appréciée à l’étranger autant que ses moyens exceptionnels le permettent, est absolument merveilleuse : par sa féminité extrême, elle suggère tous les états de la femme. Ce n’est pas par la danse que cela est amené : on la voit techniquement infaillible, mais avec une raideur qui pourrait lui ôter tout intérêt. C’est plutôt par l’état perpétuel dans lequel elle se trouve qu’elle dégage le sublime : le visage s’anime, puis passe à une autre émotion : tout est évoqué, et rien n’est monolithique. Assurément du bel ouvrage, peut être plus consacré à être vu sur le vif, et qui perd de son immortalité sur vidéo, mais qu’importe ! il fallait bien un témoignage de la grandeur de l’artiste dans ce ballet. Le chevalier de ce diamant est un prince ; , avec un travail du dos époustouflant, son élégance habituelle, dénuée de toute mièvrerie affectée ou de virilité inutilement exacerbée, livre les règles de l’amour courtois. Une leçon de danse. Le corps de ballet est d’un niveau incontestable, celui des meilleurs jours, rempli de la jeunesse et de l’espoir que porte la musique.

Un bonus intéressant (d’une durée de près d’une heure), un livret avec un texte introductif (fait rare dans les parutions de DVD de danse), la liste complète des artistes (corps de ballet compris), peuvent faire croire à une attention éprouvée portée au spectateur. C’est le cas si vous n’en avez rien à faire d’avoir les jambes des danseurs coupées, des changements de plan trop fréquents. Et surtout, si le flou des images ne vous dérange pas, la réalisation de ce DVD ne pourra que vous enthousiasmer. Et quelle est cette manie de ne présenter le menu qu’en anglais, langue répandue certes, mais pas universelle ?

Le DVD de Joyaux rend compte de la vitalité de l’Opéra de Paris, mais de grâce, que l’on confie la conception des prochaines parutions à des réalisateurs connaissant (et accessoirement appréciant) la danse, qui demande autant de soin qu’un directeur de ballet a à réunir la distribution la plus cohérente possible.

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Gabriel Fauré (1845-1924) : extraits de Pelléas et Mélisande et Shylock ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Capriccio pour piano et orchestre ; Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : extraits de la Symphonie n°3 en ré majeur « Polonaise » op. 29 (mouvements 2, 3, 4 et 5). Chorégraphie  : George Balanchine. Costumes et décors : Christian Lacroix. Lumières : Jennifer Tipton. Avec les Étoiles et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre de l’Opéra National de Paris, Direction musicale : Paul Connelly. Réalisation : Pierre Cavassilas. 1 DVD Opus Arte OA 0951 D. Enregistré au Palais Garnier en octobre et novembre 2005. Menu et sous titres en anglais, français, allemand, espagnol, italien. Zones : 0. Durée : 94 minutes. Bonus : Documentaire de Reiner E. Moritz : Balanchine Forever (59 minutes).

 
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