Concerts, La Scène, Musique symphonique

Un concert préoccupant pour l’ONB

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 14-I-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour flûte et orchestre en ré majeur, KV 314  ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°4 en sol majeur ; Sharon Bezaly : flûte ; Sally Matthews : soprano ; Orchestre National de Belgique, direction : Zdeněk Mácal.

Mozart – Mahler 4

Mikko Franck, le directeur musical de l’ qui devait assurer un programme faisant l’objet de trois soirées de concert au Palais des Beaux-Arts n’a pu diriger son orchestre, le service de presse de l’orchestre mentionnant un problème de santé récurrent. L’orchestre a toutefois pu compter sur l’expérience de , l’actuel chef principal de la Philharmonie Tchèque, pour pouvoir maintenir ces spectacles. La première partie de ce concert du dimanche après-midi nous a permis d’écouter dans une pièce qui lui est familière puisqu’elle a eu l’occasion de la porter au disque (concertos pour flûtes de Mozart N°1&2, avec l’Ostrobothnian Chamber Orchestra dirigé par Juha Kangas chez BIS). La musicienne a présenté le concerto n°2 avec des cadences composées par . Si la partition n’est pas la plus palpitante de toute l’œuvre mozartienne, parvient grâce à un accompagnement soutenu et dramatique à conserver l’intérêt de l’auditeur. Bezaly est une musicienne qui extériorise énormément ses émotions lorsqu’elle est en scène. Son jeu précis et véloce parvient heureusement à justifier un tel show. On retiendra de cette partition et du travail de Bezaly le rondeau final, pétillant par la rigueur rythmique de l’interprète, accompagnée intelligemment par l’orchestre dont on aura également apprécié la belle homogénéité des cordes. Bezaly offre au dissipé public bruxellois en bis une pièce relativement éprouvante de .

La symphonie n°4 de est une œuvre aux effectifs relativement modestes, comparés à l’artillerie déployée dans d’autres symphonies du Maître. Néanmoins, les pupitres ont tous l’occasion de s’illustrer et l’œuvre permet alors de juger de la qualité de chacun des instrumentistes. Mácal a ménagé ses troupes sur l’ensemble de la partition. Il a su imposer à l’auditeur des tempi carrés et retenus, tout en parvenant à y intégrer drame et lyrisme. Le résultat est sain mais manque cruellement de contraste dans les dynamiques, alors que la partition permet de larges éclats dans ce domaine. Le second mouvement était réussi par sa beauté aérienne, mais on ne saura pardonner à la trompette solo de s’être fourvoyée lors du dernier tutti dans le troisième mouvement, nous empêchant d’ouvrir les portes du paradis comme Mahler nous y invitait. a su transcender le dernier mouvement en un moment de grâce et d’élégance. Le timbre de la soprano est raffiné et elle sait habilement jouer avec l’orchestre pour conserver une balance idéale.

Ce concert constituait bien sûr un cas à part, Zdeněk Mácal ayant dû prendre en main un orchestre qu’il ne connaissait pas en l’espace d’une poignée de répétitions. Mais ces imprévus ne peuvent tout excuser. Les musiciens ne parviennent jamais à faire preuve d’une écoute mutuelle saine, ne réussissant pas à réaliser des attaques propres. Les chefs de pupitres sont peu convaincants : projection et qualité de son des solistes de l’harmonie ne nous laissant pas penser que nous écoutons un orchestre de niveau national. Il est grand temps que Walter Weller, futur directeur de l’orchestre que nous avons eu le plaisir d’écouter dernièrement puisse entamer un vrai travail de fond avec la phalange nationale, car la comparaison avec d’autres ensembles comme l’Orchestre Philharmonique de Liège ou encore l’Orchestre de La Monnaie devient vraiment préoccupante.

Crédits photographiques :© DR

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 14-I-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour flûte et orchestre en ré majeur, KV 314  ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°4 en sol majeur ; Sharon Bezaly : flûte ; Sally Matthews : soprano ; Orchestre National de Belgique, direction : Zdeněk Mácal.

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