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Corazón Loco de Blanca Li : Cœurs mêlés

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre national de Chaillot. 18-I-2007. Blanca Li : Corazón Loco. Un spectacle de Blanca Li. Musique et texte : Edith Canat de Chizy. Lumières : Jacques Châtelet. Décor : Pierre Attrait. Vidéo : Charles Carcopino. Costumes : Laurent Mercier. Jean-Gérald Dorseuil, Sylvain Groud, Matthew Hawkins, Laurence Levasseur, Blanca Li, Deborah Torres, danseurs, Claudine Margely, Virginie Lefebvre, Thi Lien Truong, Donatienne Milpied, Philippe Frœliger, Etienne Vandier, Christophe Sam, Christophe Grapperon, chanteurs. Percussions, Béatrice Répécaud. Ensemble vocal Sequenza 9. 3, direction : Catherine Simonpietri.

Pari réussi pour avec cet audacieux spectacle vocal où seule la beauté des voix, sur des paroles très simples célébrant l’amour, habite l’espace. fait de Corazón Loco un spectacle total abouti et maîtrisé, utilisant la musique, la vidéo, la lumière et la danse, dans la lignée d’un Decoufflé ou d’un Montalvo, régulièrement accueillis dans cette salle. Soutenu de bout en bout par l’exceptionnelle partition d’Edith Canat de Chizy, le spectacle est porté par l’engagement des danseurs de et des chanteurs de l’ensemble vocal .

Les corps des uns et des autres sont constamment mêlés, à tel point que l’on ne sait qui danse ou qui chante ! Il faut particulièrement souligner la prouesse des chanteurs qui chantent dans toutes les positions et servent de partenaires aux danseurs. Des chanteurs rompus à toutes les exigences de la metteuse en scène qu’est désormais Blanca Li, qui a beaucoup appris en se frottant aux grandes scènes d’opéras sur lesquelles elle a été sollicitée. Car Corazón Loco est davantage une mise en scène qu’une chorégraphie. Avec talent et efficacité, certes, elle embrasse tous les artifices et les illusions qu’offrent les arts du spectacle, mais ne fait pas preuve d’inventivité chorégraphique. Qu’importe, l’effet des différentes scènes qui se succèdent est saisissant, du concert vocal de la scène d’ouverture aux couples passionnés qui s’étreignent sur fond de roses rouges, en passant par une dynamique séance de percussions et de danse rythmée.

Le dispositif scénique est astucieux, avec un sol noir brillant dans lequel se reflètent les images vives projetées sur une toile de fond élastique, prétexte à de multiples illusions d’optique. La toile de fond devient un corps souple qui étreint une danseuse ou forme d’innombrables bouches, avant d’accueillir comme un utérus les corps de trois hommes. L’équipe artistique (vidéo, lumières, décor) qui entoure la chorégraphe donne alors toute la mesure de sa créativité, laissant dans les yeux des spectateurs le souvenir d’une atmosphère fantastique et onirique.

Crédit photographique : © Arnold Jerocki

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