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Trois correspondances symphoniques par Marek Janowski

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 18-I-2007. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sérénade n°6 en ré majeur K. 239 « Serenata notturna » ; Henri Dutilleux (né en 1915) : Correspondances ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°6 en la majeur. Sandrine Piau, soprano ; Orchestre de Paris, direction : Marek Janowski.

Comme en octobre 2006, l’ mêle dans le même concert Mozart et Dutilleux, suivi cette fois par Bruckner qui succède donc à Chostakovitch en seconde partie. Les trois œuvres ainsi réunies n’ont pas d’affinités particulières les liant, sinon la volonté de prolonger les hommages à Mozart et Dutilleux de l’année 2006. La Serenata notturna composée de trois mouvements relativement brefs d’à peu près 4 minutes chacun, utilise un quatuor à cordes en soliste (la contrebasse remplaçant le traditionnel violoncelle) répondant à un petit orchestre à cordes (sans contrebasse cette fois) plus des timbales. Ah ! les timbales ! … « Aie ! les timbales » serait plus approprié car l’horrible son qui en sortait – sec, sans la moindre expression, vidé de sens, et laid ! mais laid !! … – a gâché le plaisir qu’aurait normalement du procurer le joli jeu du quatuor emmené par le beau violon de (à la chaleureuse et délicieuse sonorité). Reste que jouer une telle œuvre, proche de la musique de chambre, dans le volume de cathédrale de Pleyel, est toujours problématique, le contact charnel et physique avec le son des instruments, qui change TOUT quant à la perception musicale (sauf pour les irrécupérables timbales de ce soir), étant trop dilué dans l’espace.

Contraste visuel immédiat avec le très grand orchestre demandé par Dutilleux pour ses Correspondances – 10 contrebasses, 14 violoncelles, le reste en proportion, et même un accordéon. L’orchestration était d’une finesse, d’une richesse et d’une subtilité admirables, et constituait le principal attrait de cette œuvre créée par l’Orchestre Philharmonique de Berlin et Simon Rattle le 5 septembre 2003. Chef et orchestre étaient manifestement à l’aise dans cette musique, faisant preuve d’une belle richesse sonore et d’une grande douceur dans les gradations dynamiques (il faut dire que, bien qu’immense, l’orchestre ne naviguait que rarement dans le tutti fortissimo). Nous resterons plus réservée sur la prestation de , non qu’elle manqua d’engagement, de justesse ou de timbre, mais comme à peine plus de la moitié des sons arrivaient jusqu’à nos oreilles, il était bien difficile de se faire une idée. Quant au texte chanté il était de ce fait totalement incompréhensible. Néanmoins, cette exécution fut très chaleureusement applaudie par le public, et , présent dans la salle, ovationné.

La Symphonie n°6 d’Anton Bruckner fut commencée sur la pointe des pieds, le fameux rythme joué au départ pianissimo par les violons mais un peu trop lent et timide, manquait encore d’affirmation. Ca s’arrangera ensuite, l’orchestre en belle forme s’en donnant à cœur joie, sous la baguette claire et directive de . Si son interprétation aurait gagnée à utiliser des variations ou ajustements de tempo entre chaque section d’un même mouvement, rendant la narration plus dynamique et contrastée, donc plus intéressante et expressive, elle n’a jamais été lourde mais toujours claire et équilibrée sur tous les registres de l’orchestre. Quant aux timbales, fini le son hideux du début de soirée, mais on regrettera que jamais elles ne furent utilisées à des fins expressives, jamais elles n’ont donné une couleur musicale (par exemple dans les nuances piano ou pianissimo de l’Adagio), jamais elles n’ont donné l’impulsion ou la pulsation, enfin elles ont manqué de puissance dans les tutti fortissimo. Nonobstant ce « léger » détail, il y avait de belles qualités dans cette interprétation.

Crédit photographique : © Mike Fröhling / Roc Berlin

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