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Lille. Nouveau Siècle. 01-II-2007. Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n° 3 en fa majeur op. 90 ; Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur op. 83. Jonathan Gilad, piano. Orchestre National de Lille, direction : Michael Stern.

Cycle Brahms à l’ONL

Ce concert faisant partie du cycle Brahms en cours par l’ est confié à la baguette de , souvent actif en France, et actuel directeur musical à Kansas City. Son interprétation de la Symphonie n°3 révèle un chef compétent et attentif, à la battue souple et lisible, et aux conceptions musicales extrêmement saines. Il s’investit bien dans un premier mouvement musclé et haletant, mais se perd un peu dans les détails, morcelant la ligne, peinant à unifier les pupitres et à relancer le discours. La suite est cependant d’un bien meilleur niveau, avec un Andante de toute beauté, léger, subtil et aérien, maîtrisé dans les moindres détails, et osant les nuances dynamiques les plus fines. Les vents sont frais et délicats, et les couleurs qu’ils donnent à fin du mouvement sont splendides et poétiques. Le célèbre Poco andante est de la même veine poétique et délicate : les phrasés sont amples et chaleureux, l’équilibre instrumental est très soigné, et le legato du cor est remarquable. Le début du finale est bien mené, rigoureux, franc et déterminé, mais le rythme s’essouffle un peu au cours du mouvement, et la fin est un peu décousue et bruyante. Sans être particulièrement à l’aise, l’ONL est bien plus concerné que dans le premier concert de cette série, et il produit même dans certaines parties une impression très agréable. Les vents sont fruités et très à l’aise dans les mouvements centraux, alors que les cordes manquent un peu de corps et de profondeur, mais sont souvent soyeuses et ductiles. Il est dommage que l’orchestre soit si inconstant, décalages et fausses notes venant gâcher la fête à des moments inattendus. L’impression générale est cependant très positive, car on a senti l’ONL mobilisé par un chef qui a su emporter l’adhésion par sa direction vivante et équilibrée.

Une fois n’est pas coutume, les organisateurs ont placé le concerto après la symphonie. C’est donc le Concerto pour piano n°2 qui clôt le concert, avec en invité , déjà présent en décembre dernier à Lille pour les Pianos du Nouveau Siècle, en récital et en musique de chambre. Retrouver ce soliste en concerto est un grand plaisir, car c’est un pianiste qui aime dialoguer avec l’orchestre, et sait se mettre au service d’une vision commune, sans pour autant abdiquer sa personnalité. Avec ce concerto, Gilad et Stern nous entraînent dans un monde poétique et ensoleillé, dans lequel humour et fantaisie sont omniprésents. Tout n’y est pas parfait : le pianiste manque un peu de puissance sonore, et tape parfois à côté dans les traits les plus difficiles, mais le lyrisme, la bonté et la tendresse qu’il donne à sa partie font de cette interprétation un moment d’anthologie, dont le souvenir de chacun des mouvements est à chérir, et tout particulièrement l’andante. Le jeu de Gilad y est droit, fin et plein d’émotion, et l’orchestre est dirigé avec chaleur et tact par , décidément très en verve dans les mouvements lents.

Crédit photographique : © DR

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Lille. Nouveau Siècle. 01-II-2007. Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n° 3 en fa majeur op. 90 ; Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur op. 83. Jonathan Gilad, piano. Orchestre National de Lille, direction : Michael Stern.

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