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Offenbach vainqueur avec Les Brigands

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet. 22-II-2007. Jacques Offenbach (1819-1880) : Les Brigands, opéra-bouffe en deux actes sur un livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Mise en scène : Stéphane Vallé et Loïc Boissier. Scénographie : Florence Evrad. Costumes : Elisabeth de Sauverzac. Lumières : Philippe Lacombe. Avec : Jean-Philippe Catusse, Pipo, Campo-Tasso ; Christophe Crapez, Falsacappa ; Gilles Favreau, Domino, le Caissier ; David Ghilardi, le prince ; Emmanuelle Goizé, Fragoletto ; Matthieu Heim, le chef des carabiniers ; Olivier Hernandez, Gloria-Cassis ; Jeanne-Marie Lévy, le précepteur, la marquise ; Ronan Nédélec, Pietro ; Charlotte Plasse, Fiametta, le page ; Camille Slosse, Zerlina, la duchesse ; Marie-Bénédicte Souquet, Fiorella ; Ainhoa Zuazua Rubira, la princesse. Orchestre de la Compagnie Les Brigands, direction : Benjamin Lévy.

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par les Brigands, c’était une évidence ! Depuis le tout premier Barbe-Bleue en 2001 par cette compagnie, et les Offenbach rares qui suivirent : Geneviève de Brabant, Dr Ox, on se doutait qu’il s’agissait pour eux d’un but à atteindre. Voici donc Les Brigands au pied du mur, et Les Brigands sur la scène de l’Athénée.

La philosophie de la troupe a assez peu changé depuis six ans, celle d’un ensemble qui cherche à défendre avec ses propres moyens, sans vouloir les outrepasser, le répertoire d’opérettes de la fin du XIXe et début du XXe siècle. Mais le contexte est cette fois légèrement différent, car si nous avions apprécié jusqu’ici de redécouvrir des œuvres oubliées, allions nous avoir le même plaisir avec un ouvrage déjà entendu ?

La réponse est oui, incontestablement oui. Et, sans vouloir minimiser les mérites de la compagnie, la gloire en revient principalement à Offenbach. Car, que ce soit avec l’orchestre entier de l’opéra de Paris ou la réduction de Thibault Perrine dirigée par (manquant parfois, c’est inévitable, du brillant requis, principalement dans l’ouverture en forme de pot-pourri), des chanteurs prestigieux ou la plus modeste compagnie Les Brigands, un metteur en scène médiatisé ou le fondateur de la troupe , on marche à fond ! Les gags et les « vacheries » du texte font rire un siècle et demi après, et on tape des pieds, des mains, on fredonne les inénarrables « les bottes, les bottes, les bottes des carabiniers » (ceux qui arrivent toujours en retard) ou « Il y des gens qui se disent espagnol » (coup de griffe aux courtisans de l’impératrice Eugénie).

Bref, une belle soirée d’amusement purement gratuit dans une salle comble. Amateurs aux sourcils froncés de « musique qui fait sens » ou de « mise en scène réactualisée », passez votre chemin. Car, comme nous le disions plus haut, Les Brigands font avec leurs moyens. Une quinzaine d’interprètes se partagent la trentaine de rôles. La mise en scène est au premier degré, simplement illustrative, et c’est très bien ainsi, dans des décors simples et facilement interchangeables, et des costumes drolatiquement foutraques. Le plaisir à l’état brut.

Que dire d’une troupe de chanteurs que nous finissons par bien connaître ? Elle est si soudée, si convaincue, qu’il serait ridicule de distribuer à chacun d’entre eux bons et mauvais points. Notons cependant la diction parfaite de en chef des brigands, parfois hélas au détriment de la ligne, mais on comprend chaque mot, ce qui est important dans ce répertoire, l’abattage de (le caissier) le beau timbre de (Pietro), la façon impeccable dont détaille l’air du comte de Gloria-Cassis… Une petite inquiétude aussi. Ce soir de deuxième, les interprètes chantaient pour la seconde soirée consécutive, et la fatigue était nettement perceptible, surtout chez les voix féminines. Or, les représentations s’enchaînent parfois jusqu’à trois jours de suite. Est-ce bien raisonnable ?

Souhaitons néanmoins aux Brigands, et aussi à nous, beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres Offenbach !

Crédit photographique : © Claire Besse

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