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Festival Ballets Russes IV de l’Orchestre Philharmonique de Liège

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Liège, Salle Philharmonique, 9-III-2007. Anatoli Liadov (1855-1914) : Kikimora, légende symphonique op. 63. Mily Alexeïevitch Balakirev (1837-1910) : Tamara. Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après midi d’un faune ; Jeux ; Florent Schmitt (1870-1958) : La Tragédie de Salomé op. 50. Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé

Concert en deux parties pour ce dernier week-end du festival des ballets russes proposé par l’orchestre philharmonique de Liège. Le premier « set » confrontait deux raretés russes : Kikimora de Liadov avec l’imposant Tamara de . Compositeur parcimonieux orfèvre des petites formes, Liadov orchestre ici avec une rare subtilité un conte populaire russe. Chorégraphiée en 1916 dans des décors de Larionov lors d’un séjour espagnol de la compagnie de Diaghilev, la légende symphonique Kikimora bénéficie d’une interprétation soignée et précise de qui insiste sur les sortilèges de l’orchestration. D’une bonne vingtaine de minutes, Tamara est le fruit de seize ans de labeur d’un composteur peu sociable qui termina sa carrière en tant de chef de gare. Tirée d’un célèbre poème de Lermontov, Tamara fut chorégraphié sur l’instance du décorateur Léon Bakst dans une chorégraphie de Fokine en 1912 au Châtelet. Cette œuvre intéressante présente une belle richesse dans ses mélodies et dans son orchestration inspirées. est comme toujours attentif à la progression et à la lisibilité des lignes, mais on reste un peu sur notre faim. Il faudrait une direction plus sanguine et impulsive pour transcender cette musique. L’orchestre semble légèrement moins engagé en dépit des superbes solos des vents.

Changement total de décor avec une seconde partie entièrement dédiée à des chefs d’œuvres de la musique française. Très à l’aise dans ces partitions et aidé par des musiciens exceptionnels, Pascal Rophé va diriger des prestations absolument inoubliables. Dans le Prélude à l’après midi d’un faune, les solistes des pupitres de vents racontent une histoire poétique et nuancée du célèbre ballet. La direction de Rophé, toute en finesse tire cette pièce vers l’enchantement. On reste sur des cimes vertigineuses avec Jeux de . Très difficile à unifier, cette partition sonne ici avec évidence et clarté. L’imposant effectif orchestral est mené avec tact et doigté par le chef d’orchestre. Autre rareté de la programmation, la Tragédie de Salomé de clôt la série des concerts symphoniques du festival. Créée en 1907 par Inghelbrecht dans une version pour effectif réduit avec soprano solo, la partition fut profondément remaniée pour être chorégraphiée par les ballets russes. Cette seconde édition, présentée à Paris en 1911, fut mise au programme de la compagnie en 1913 à Londres avec la danseuse Tamara Karsavina en vedette. Elégante mais rutilante l’orchestration influença Stravinsky à qui la partition est dédiée. Les musiciens et leurs chefs en donnent une interprétation engagée et enragée. Les différents pupitres foncent tête baissée dans cette musique d’exception alors que des dynamiques sont explosives. Quasiment indépassables dans ce répertoire, les musiciens liégeois emportent l’adhésion du public. Devant une telle réussite artistique, on espère vivement l’édition discographique de certains programmes de ce festival.

Crédit photographique : © JMD

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Liège, Salle Philharmonique, 9-III-2007. Anatoli Liadov (1855-1914) : Kikimora, légende symphonique op. 63. Mily Alexeïevitch Balakirev (1837-1910) : Tamara. Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après midi d’un faune ; Jeux ; Florent Schmitt (1870-1958) : La Tragédie de Salomé op. 50. Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé

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