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Francesco Tristano Schlimé, carrière plurielle

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Schlime-Francesco-06Lauréat de l’édition 2004 du Concours International de piano d’Orléans, le pianiste luxembourgeois conjugue avec aisance la musique classique, contemporaine, le jazz et l’improvisation. Il n’hésite pas à confronter répertoires classique et jazz, comme dans sa transcription/adaptation originale avec improvisations pour piano et cordes des célèbres Quatre saisons d’Antonio Vivaldi.

« Toutes ces activités se complètent et, bien sûr, en font ma personnalité. »

ResMusica : A quoi ressemble votre planning en ce moment ?

Francesco-Tristano Schlimé : Je passe une période un peu plus tranquille… je me dédie à la composition d’une nouvelle œuvre pour piano et ensemble… je fais un peu de promotion pour mon dernier album Not For Piano et j’apprends des nouvelles pièces…

RM : Quand on regarde votre biographie, ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est votre capacité à mener de front des carrières très différentes : soliste classique, compositeur, pianiste de jazz… Est-ce que ces différentes activités n’en font qu’une seule dans votre vie de musicien, est-ce qu’elles se complètent, ou est-ce que vous les traitez différemment et pourrez un jour renoncer à l’une ou à l’autre ?

FTS : Je ne pense pas pouvoir renoncer un jour à l’une ou l’autre activité… toutes ces activités se complètent et, bien sûr, en font ma personnalité… pour moi, la musique est indivisible… les différentes étiquettes viennent surtout des medias ainsi que des organisateurs de concerts…

RM : Vous avez étudié à Luxembourg, Bruxelles, Paris et New York, entre autres : quelles ont été les spécificités de chacune de ces écoles dans la formation de votre jeu ?

FTS : Plus que les spécificités de la technique pianistique, ce sont les rencontres qui m’ont marqué dans mon parcours… j’ai fait mes débuts avec Beatrice Rauchs au Conservatoire de Luxembourg, Emile Naoumoff a été mon père spirituel à Paris, et Bruce Brubaker fût mon dernier professeur à New York… Je leur dois beaucoup !

RM : Avez-vous ou avez-vous eu de grands modèles de pianistes classiques et de jazz ; si oui, qui et pourquoi ?

FTS : Bien sûr, certains pianistes m’ont inspiré dans ma démarche… Friedrich Gulda en fût un… Il a toujours voulu casser les barrières et aller au-delà des conventions. Quant il annonçait une intégrale des Sonates de Beethoven, il se présentait avec des improvisations jazz… à l’inverse, il jouait du Mozart dans des festivals de hard rock…

RM : Quelques mots sur votre carrière de compositeur : quand avez-vous commencé à composer, pourquoi, comment, et quels sont vos projets ?

FTS : La composition ainsi que l’improvisation ont toujours été des façons naturelles de faire de la musique pour moi. A Luxembourg, c’est Claude Lenners qui m’a enseigné l’harmonie, l’analyse et les écritures… c’est aussi lui qui m’a fait écouter Chick Corea !

RM : Pouvez-vous nous présenter les principales caractéristiques des différents groupes de jazz que vous avez fondés : Aufgang, 2 minds /1 sound, Out of Focus…

FTS : Ce ne sont pas vraiment des groupes de jazz… Un groupe de jazz se définit par la composition d’une formation ou par le répertoire de standards qu’elle joue. Or les projets mentionnés ci-dessus ne répondent pas à ces critères… Je cherche, dans ces différentes formations, un langage nouveau, personnel, et ce à travers de compositions et d’improvisations originales… Avec Aufgang par exemple, l’idée est de marier le son de deux pianos acoustiques aux sons électroniques de samplers, claviers et autres instruments de synthèse…

RM : Vous n’hésitez pas à mélanger dans vos programmes de concert ou d’enregistrement, du classique et du jazz, ou de l’improvisation. Est-ce que le public vous suit toujours, ou avez-vous déjà rencontré quelques opinions récalcitrantes ?

FTS : D’habitude cela se passe plutôt bien… si le public me suit généralement, c’est aussi parce qu’il y a aujourd’hui un besoin urgent de changer un peu les programmes au sein des grandes institutions culturelles, de proposer des choses nouvelles, et de ré-inventer le récital de piano…

RM : Dans le même ordre d’idée, vous jouez beaucoup de musique contemporaine (Berio), vous improvisez, vous êtes jazzman : considérez-vous le fait de diversifier votre répertoire, en ne vous limitant pas à la musique classique, comme un devoir de musicien, ou est-ce simplement le résultat d’une envie personnelle ?

FTS : Je dirais que c’est un besoin personnel. Mais comme je vous ai dit auparavant, je n’ai jamais divisé mes tâches… pour moi, je fais de la musique, un point c’est tout…

RM : Quels sont vos projets pour les saisons à venir ?

FTS : Une saison assez chargée en récitals, quelques projets avec orchestre, ainsi que monter un spectacle live piano plus électronique.

RM : Si on vous demandait de choisir les trois moments les plus forts de votre jeune carrière, quels seraient-ils et pourquoi ?

FTS : Jouer sur un bon piano dans une salle dotée d’une belle acoustique est toujours un moment fort… je puise aussi là-dedans mon inspiration !

RM : Quand vous n’êtes pas sur scène, ou quand vous ne travaillez pas votre piano, quelles sont vos passions et loisirs ?

FTS : Lecture, course, natation, cinéma… Les journées me semblent courtes, même sans piano !

Compte-rendu de l’édition 2004 du concours Piano Orléans XXe siècle

Compte-rendu du concert des lauréats à Orléans

Compte-rendu du concert des lauréats à Paris

Crédits photographiques : © Stefan De Lay

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