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Gian Carlo Menotti (1911-2007) : Goya. Avec : Cesar Hernandez, Goya ; Suzanna Guzman, la duchesse d’Albe ; Andrew Wentzel, Manuel Godoy  ; Penelope Daner, la reine d’Espagne ; Howard Bender, le roi d’Espagne ; Boaz Senator, Martin Zapater. Spoleto Festival Orchestra, The Westminster Choir, direction : Steven Mercurio. 2 CD Nuova Era 223307-311. Notice en anglais, allemand, français, italien et espagnol. Durée : 68’18’’et 41’34’’.

 

Après Juana la loca (1979),  s’inspira à nouveau de l’Histoire espagnole pour son opéra Goya. Créé au Kennedy Center à Washington le 19 novembre 1986, il est ensuite révisé en 1991 par le compositeur pour être représenté à Spolète. La captation ici proposée par Nuova Era a donc eu lieu au festival de Spolète lors de l’été 1991, sous la direction de Steven Mercurio. Il s’agit d’une libre adaptation de certains moments de la vie du peintre, principalement sa rencontre avec la duchesse d’Albe et sa passion pour elle. Le livret est malheureusement pauvre. La situation de jalousie entre la duchesse d’Albe et la reine d’Espagne frôle souvent le ridicule : la reine est jalouse des bijoux de la duchesse. Lorsqu’elle se fait livrer de Paris une robe somptueuse via l’ambassadeur de France, la duchesse prend un malin plaisir à arborer la même. La reine crie sur son mari, forcément benêt, et sur son amant, premier ministre forcément véreux. La duchesse va mourir, empoisonnée par la reine. Elle demande alors à sa souveraine que ses bijoux soient partagés entre ses serviteurs et son fils adoptif. Lorsqu’elle rend son dernier soupir, la reine la dépossède sans attendre de ses bijoux…

Sur le plan musical, Menotti ne retrouve pas l’inspiration de sa célèbre trilogie (Le Medium, Le Téléphone, Le Consul) ni de son chef d’œuvre, Maria Golovin. Ecrit pour Placido Domingo, Goya fut un échec. L’Espagne y est dépeinte à coups de castagnettes et de clichés musicaux. Honneur hispanique de coqs, marche royale d’opérette (« Arrivano i reali ») avec les cymbales incontournables et cuivres conventionnels. Seule la deuxième scène du III est chargée d’émotion et efficace dramatiquement. L’invention mélodique la plus marquante est celle de l’expression des sentiments, en particulier les envolées lyriques (« Frotte d’angelo »), sur la poésie de Menotti, lui-même son meilleur librettiste, du personnage de Goya à qui sont réservées les plus belles pages. Ses grandes tirades, où il est question d’amour ou de peinture, sont annoncées par les cuivres en crescendo puis soutenues par les cordes et l’ensemble de l’orchestre. Phrases amples, rapides, enflammées pour Goya, tandis qu’elles sont toutes en retenue pour la duchesse manipulatrice. D’où également la caractérisation vocale, avec une duchesse d’Albe aux couleurs sombres.

Cesar Hernandez défend le rôle-titre d’une voix veloutée même si l’extrémité aiguë de la tessiture est atteinte difficilement. A ses côtes, Suzanna Guzman et Boaz Senator font preuve de musicalité. Pour le reste… les chœurs partent en bataille, les voix féminines sont stridentes et bien peu élégantes. Il faut s’armer de courage pour parvenir à bout du long monologue de la reine au début du II. L’orchestre manque cruellement de mœlleux, et parfois… de justesse ! L’œuvre, avec ses faiblesses et ses qualités, n’est pas servie au mieux. De plus, la mauvaise prise de son (accrocs fréquents, manque d’équilibre : certains chanteurs sont favorisés par la présence de microphones à proximité tandis que d’autres sont difficilement audibles) n’encourage pas à redécouvrir cet opéra. La notice ne traduit que l’argument, en cinq langues, mais pas le livret, seulement donné en italien.

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Gian Carlo Menotti (1911-2007) : Goya. Avec : Cesar Hernandez, Goya ; Suzanna Guzman, la duchesse d’Albe ; Andrew Wentzel, Manuel Godoy  ; Penelope Daner, la reine d’Espagne ; Howard Bender, le roi d’Espagne ; Boaz Senator, Martin Zapater. Spoleto Festival Orchestra, The Westminster Choir, direction : Steven Mercurio. 2 CD Nuova Era 223307-311. Notice en anglais, allemand, français, italien et espagnol. Durée : 68’18’’et 41’34’’.

 
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