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La valeur n’attend pas le nombre des années…

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Toulouse. Auditorium St. Pierre des Cuisines. 27-IV-07. Giovanni Battista Pergolèse (1710-1736) ; Luigi Boccherini (1743-1805) : Stabat Mater. Raquel Calais, soprano ; Marie Cubaynes, mezzo-soprano ; Jeanne Wenzel, soprano ; Orchestre de Chambre de Toulouse ; violon et direction : Gilles Colliard.

Pergolèse et Boccherini

Sous l’impulsion passionnée de son chef, le violoniste , l’ a retrouvé, depuis 2004, la confiance méritée d’un public enthousiaste. Le parcours du musicien, que ce soit comme soliste, enseignant ou compositeur, le conduit à rechercher l’authenticité du discours musical. Il souhaite combattre les préjugés en dépassant l’éternelle querelle des anciens et des modernes. Il sait aussi donner sa chance à toutes les musiques et n’hésite pas à faire confiance à de jeunes interprètes.

Le concert de ce soir, regroupant deux superbes pièces vocales sacrées, donnait leur chance à de très jeunes solistes, encore en formation, installées dans la région. La jeunesse et la fraîcheur de ces voix permettaient un équilibre admirable avec un orchestre resserré, mais ô combien expressif.

Le Stabat Mater de Pergolèse, œuvre la plus connue de ce compositeur mort prématurément à 26 ans, offre aux divas les plus réputées des airs et des duos somptueux. Mais la douleur de la vierge en sa simplicité et sa sincérité trouve certainement à travers de jeunes voix les interprètes les plus émouvantes. La voix de Raquel Calais, particulièrement ronde et fruitée alliée à la beauté de son visage traversé d’émotion, a été un véritable enchantement. La voix de mezzo de , moins bien projetée, a semblé plus sourde. Pourtant le timbre est intéressant et l’expérience et le travail lui apporteront certainement la solidité qui lui fait encore défaut. Leurs duos étaient en tout cas parfaitement équilibrés, et très agréablement phrasés. L’orchestre a été un écrin luxueux. La direction attentive du premier violon, la complicité des instrumentistes, ont admirablement soutenu les cantatrices. L’équilibre de cette version de chambre a été un véritable ravissement. Le public a chaleureusement applaudi cette interprétation très émouvante d’un chef d’œuvre pourtant très connu.

Mais la véritable révélation de la soirée a été le Stabat Mater de Boccherini, donné dans sa version, très rarement entendue, pour quintette à cordes avec soprano solo. , toute jeune soprano, a dominé une émotion perceptible au début pour interpréter cette partition si difficile avec une surprenante autorité. La voix est encore très jeune et va certainement se développer. Les aigus lumineux laissent entrevoir de belles possibilités. La technique est considérable et permet d’offrir déjà au public d’intenses moments lyriques. Mais c’est certainement le quintette à cordes qui offre les moments musicaux les plus rares. Boccherini connaît bien les cordes, lui-même virtuose au violoncelle, son écriture est admirable. Pleines de virtuosité et parfois d’humour, de courtes phrases permettent de suivre avec délices tel ou tel instrument. Il s’agit assurément d’une très belle musique de chambre, qui à elle seule, suffirait à soutenir l’intérêt. Pourtant la voix, traitée en instrument virtuose, n’est pas en reste. La beauté des sonorités, des couleurs, et des phrasés est irrésistible.

Charmé et conquis, le public a fait une belle ovation à ces interprètes talentueux, jeunes chanteuses et artistes confirmés. Et quelle belle découverte que cette version du Stabat Mater de Boccherini !

Crédit photographique © JJ Ader

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Toulouse. Auditorium St. Pierre des Cuisines. 27-IV-07. Giovanni Battista Pergolèse (1710-1736) ; Luigi Boccherini (1743-1805) : Stabat Mater. Raquel Calais, soprano ; Marie Cubaynes, mezzo-soprano ; Jeanne Wenzel, soprano ; Orchestre de Chambre de Toulouse ; violon et direction : Gilles Colliard.

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